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20 ANS DE CHASSE A L'ARC

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fredlebeune

Description :

Chasseur à l'arc depuis plus de vingts ans, j'ai publié de nombreux articles dans "Le Chasseur à l'Arc", puis dans "Charc". Retrouvez les plus vieux articles sur ce blog, téléchargez les à volonté, et faites moi part de vos réactions. F.BESSE

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  • Création : 14/07/2007 à 09:37
  • Mise à jour : 14/07/2007 à 12:36
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LA MUSCULATION DU TIR A L'ARC

UNE AIDE PRECIEUSE POUR LE TIR A L'ARC :
LA MUSCULATION

Lorsque l'on tire des arcs de chasse puissants, et à fortiori des modèles traditionnels sans aucune démultiplication, il est indispensable, pour se sentir à l'aise lorsqu'on arme de tels engins, de dominer la force de rappel de la corde. Nous ne parlerons pas ici de toutes les autres techniques qui aident à maîtriser le tir, quelles qu'elles soient. Commençons par quelques
rappels anatomiques :
Passons rapidement sur la partie inférieure du corps qui, dans notre spécialité, n'est importante que parce qu'elle assure la stabilité du tireur, nonobstant les déplacements indispensables à la chasse, mais un aficionado du tree-stand peut parfaitement se contenter d'une masse de bidoche homologuée Kronenbourg. Par contre, la partie supérieure du corps est celle qui va permettre de bander l'arc. Elle est appelée « ceinture scapulaire », de scapula, omoplate en latin. Elle est constituée de l'omoplate en arrière, et de la clavicule en avant. On remarque que l'articulation entre l'omoplate et le bras peut être comparée à une bille posée dans une assiette, d'où sa grande instabilité. La particularité fondamentale de cet ensemble est de n'être relié aux parties fixes de l'organisme (colonne vertébrale)que par une petite articulation secondaire (sterno-claviculaire)et une masse de muscles plus où moins puissants qui stabilisent l'ensemble lors des mouvements de l'épaule. La conséquence de cette disposition est une mobilité extrême d'une part, mais aussi une très grande fragilité, d'autre part. Pour ce qui nous concerne, deux groupes de muscles vont agir lors de l'armement de l'arc :
-D'une part les stabilisateurs de l'épaule et de l'omoplate du coté du bras d'arc
-D'autre part les extenseurs postérieurs de l'épaule et les adducteurs de l'omoplate au niveau du bras de corde. Ce sont ceux-là qui vont nous poser le plus de problèmes. Mais détaillons un peu :
n Les stabilisateurs de l'épaule sont constitués par l'ensemble de la coiffe des rotateurs, deltoïdes, sus et sous épineux, mais aussi les dorsaux, le petit rond et les pectoraux. Lorsqu'il est peu entraîné, cet ensemble est en général insuffisant pour stabiliser l'humérus dans la cavité articulaire de l'omoplate. Si on ajoute un triceps (le muscle extenseur du bras) un peu faiblard, le résultat est flagrant : le bras d'arc tremble à l'allonge maximum. Par contre, le muscle stabilisateur de l'omoplate, lui, le grand dentelé, est naturellement très puissant et pose peu de problèmes spécifiques.
n - Les extenseurs postérieurs de l'épaule sont les muscles qui nous intéressent le plus, car ce sont eux qui vont nous permettre d'armer notre arc. Ils sont très nombreux, mais ont une caractéristique commune et très gênante : chez la quasi totalité des bipèdes, ils sont très peu développés .En effet, les seuls sports qui permettent à ces muscles d'acquérir une force suffisante sont : le surf, et l'aviron. Si vous ne pratiquez pas régulièrement un de ces deux passe-temps, il ne vous reste plus qu'une solution : les renforcer de manière spécifique.
n - Ces muscles sont : la coiffe des rotateurs dans son ensemble, autant par leur action stabilisatrice que par leur action d'extension (sus et sous épineux, petit rond, etc.)les faisceaux supérieur et postérieur du deltoïde, qui permettent le mouvement d'élévation et de d'extension du bras par rapport à l'omoplate, enfin les muscles adducteurs de l'omoplate sur la colonne vertébrale : trapèzes, rhomboïdes angulaires des omoplates, dorsaux. Leur sous développement entraîne des tremblements du bras d'armement et une incapacité à garder l'allonge maxi au-delà de quelques dixièmes de secondes, donc un point d'ancrage variable et aléatoire, une mauvaise décoche et des trajectoires de flèches fantaisiste, pour dire le moins. Ces inconvénients sont bien sûr minorés avec des arcs à démultiplication, tout au moins en ce qui concerne le point d'ancrage et l'allonge maxi. Par contre, ils entraînent ce type d'armement dit « du menuisier » car l'archer compense la faiblesse de ses muscles extenseurs de l'épaule par un mouvement faisant appel au biceps, dans un geste qui rappelle l'action de scier du bois.
n De plus, la faiblesse du bras d'arc prend alors toute son importance à la décoche, car au moment du choc induit par le retour à sa tension maxi, le bras ne peut stabiliser l'arc comme il le devrait. De plus, le poids d'un compound attelé de son carquois, de son viseur, et de deux où trois autres gadgets fait que lorsqu'on l'a trimballé toute une matinée à bout de bras, on peut avoir de drôles de surprises si on doit l'armer rapidement : il devient impossible de le tenir à l'horizontale, on a l'impression qu'il pèse trois fois son poids de départ, et le bras d'arc tremble comme s'il était branché sur le 220. Entre parenthèses, l'utilisation d'une courroie pour porter l'arc à l'épaule, musculature suffisante où pas, peut être d'une aide considérable.
n Conclusion de tout ceci : AU SECOURS SCHARTZIE ! !

COMMENT AMELIORER NOTRE CAPACITE MUSCULAIRE :

la première des réponses qui vient à l'esprit, est bien sûr de prendre son arc et d'aller tirer. C'est effectivement une excellente méthode, mais elle présente deux inconvénients majeurs : si vous ne disposez pas d'une cible à la maison, cela peut être contraignant à l'excès, et surtout elle ne vous développe que pour la puissance d'arc que vous tirez habituellement, or il est plus intéressant d'être surmusclé par rapport à son arc, car on se trouve de cette manière beaucoup plus à l'aise lorsqu'on l'arme, et par là même on supprime tous les problèmes de tremblements et de sauts de bras d'arc à la décoche.

La musculation aspécifique :


Elle vous servira pour d'autre usages que le tir à l'arc, c'est ce qui fait son charme. Si vous avez la chance de disposer facilement d'une salle de musculation, demandez aux inévitables bellâtres frimeurs qui zonent toujours dans ces lieux quels sont les mouvements les plus adaptés, en gros :
Pour le bras d'arc : des séries sur le dos, levez des haltères adaptées à vos performances, toujours faire cinq séries de vingt espacées par quelques minutes de récupération/étirements. Si vous ne pouvez pas faire ces cinq x vingt séries, descendez en poids.
Pour le bras d'armement : du rameur, des machines à dorsaux, soulevez des poids allongé sur le ventre, une haltère dans chaque main, même chose mais assis pour travailler les deltoïdes. Toujours le même nombre de séries. Le résultat devrait se faire sentir rapidement, tant dans l'aisance avec laquelle vous armerez votre arc, que dans le regard des dames, mais ceci est une autre histoire.
Pour ceux qui préfèrent travailler chez eux, des séances plus fréquentes et plus régulières seront aussi efficaces et vous épargneront des comparaisons désagréables avec des types musclés de partout.
Pour le bras d'arc : les bonnes vielles pompes sont irremplaçables, par trois séries de vingt-cinq tous les matins, si cela vous paraît trop facile mettez du poids sur vos épaules, par exemple un sac de sable où un gamin.
Pour le bras d'armement, un simple banc où une table basse feront l'affaire, avec deux haltères adaptées, par exemples : deux fois cinq kilos. Allongez vous sur le ventre, montez les haltères de part et d'autre, le plus haut possible. Quatre séries de vingt tous les matins, toujours espacés de quelques instants de détente et d'étirements. Pour les deltoïdes, avec les mêmes haltères, asseyez-vous et levez les poids. Quatre fois vingt. Quand les séries vous paraîtront trop faciles, augmentez les poids, mais ne tombez jamais dans l'excès, vous finiriez par abîmer vos articulations.


La musculation spécifique :

Il va s'agir de développer les muscles et leurs enchaînements de la même manière que lorsque vous tirez. Profitez en pour travailler la position de votre bras d'arc (pas trop rentré ), la position de vos doigts sur la corde, la souplesse de votre armement, puisque tout tir instinctif doit être souple, etc...
La première des méthodes, la plus simple : bandez votre arc, encochez une flèche munie d'une pointe caoutchouc, armez, visez, tenez l'armement cinq secondes, détendez vous. Faites dix séries de vingt tous les jours, cinq en droitier, cinq en gaucher, pour bien équilibrer les tensions sur la colonne vertébrale.
Un peu plus sophistiqué : pratiquez le même exercice avec un arc plus puissant de vingt livres que votre arc habituel. Par exemple, si vous tirez soixante-cinq livres, musclez vous avec un quatre vingt cinq livres, vous serez surpris du résultat. Par contre, ne tirez jamais avec cet arc. Vous pouvez donc vous contenter d'un arc d'occasion, où d'un arc de bas de gamme, vous pouvez même gonfler un arc plus faible en raccourcissant la corde l'important, c'est de tomber sur la bonne puissance.
Version voyage, où bureau : prenez un manche à balais, procurez-vous plusieurs de ces longs élastiques carrés bien connus des gamins de la campagne, avec lesquels nous faisions de redoutables lance-pierres. Attachez-en un nombre suffisant aux extrémités du manche pour arriver par tâtonnements successifs à la puissance désirée, à votre allonge, puis reliez-les aux centre avec une vieille corde d'arc, et servez-vous de cet exerciseur quand et où vous voudrez. Assurez vous que le manche est suffisamment solide, sinon gare aux surprises (quoique certaines cicatrices donnent du charme, je sais de quoi je parle)
Enfin, mais cette liste n'est pas exhaustive, une excellente technique consiste à suspendre un poids au bout d'une corde, montez un bâti en bois pouvant accepter le système, s'arrêtant à hauteur d'épaule. Une poulie de renvoi, une poignée, un bout de vieille corde d'arc, et en route pour des séries de vingt. Efficacité redoutable et garantie. Personnellement, je soulève un vulgaire parpaing de vingt kilos, je fais mes séries entre les patients, le fait de travailler à force constante permet de réduire les poids.
Voilà, bon courage, et parlez nous de vos astuces personnelles, et des résultats obtenus.


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#Posté le samedi 14 juillet 2007 12:36

LE TIR DE CHASSE

LE TIR DE CHASSE :


Bien, nous avons vu en détails comment fabriquer des flèches de chasse qui volent droit, et tuent proprement, voyons maintenant comment faire en sorte qu'elles atteignent leur but

Pour cela, nous devons les propulser à l'aide d'un dispositif spécial constitué à l'origine par une poignée, des branches et une corde, dispositif qui s'est vu agrémenté ces dernières décennies par divers apparaux tels que câbles, poulies, viseurs, stabilisateurs, écarte câbles, reposes flèches etc.. et appelé ARC.

Pour conférer sa vitesse initiale à notre flèche afin qu'elle touche, puis traverse sa cible, nous allons devoir emmagasiner une certaine quantité d'énergie dans les branches de notre arc grâce à nos petits bras, et à eux seuls, puis la lui restituer violemment au moment de la décoche.

Nous partons du principe que l'arc en question est correctement réglé et que sa puissance est compatible avec le spine des flèches.

Cet article s'intitule à dessein « Le tir de chasse » et non pas « Le tir à l'arc de chasse » car cela est totalement différent, même si nous devons maîtriser le second avant d'envisager le premier. En effet, il n'y a aucune commune mesure entre le tir à trente mètres sur une cible 3D en plastique, dans un layon parfaitement dégagé, après avoir pris le temps de se calmer, moucher, soulager, placer confortablement, et le tir à vingt mètres sur un animal de même taille, qui nous présente juste une partie de lui même, le c½ur battant la chamade, un pied sur une souche glissante et l'autre tordu par une pierre agressive.

Voyons les étapes fondamentales du processus.

Pour que notre flèche prenne une direction donnée avec une probabilité suffisante de toucher sa cible, nous devons la mettre sur la bonne voie. Et pour la mettre sur la bonne voie, nous devons l'y précéder mentalement : c'est le processus de visée

1/ La visée

Classiquement, deux approches de la chasse à l'arc moderne cohabitent : le tir instinctif et le tir avec un viseur.

Le premier est appelé ainsi car le tireur est censé ne se servir d'aucun point de repère au cours de sa visée, tirant d'instinct comme, pour reprendre une comparaison traditionnelle, un tennisman ou un golfeur.
Rappelons tout de même que ni le tennisman ni le golfeur n'atteignent la précision d'un archer, fût-il « instinctif ».
En réalité, le tir à l'arc instinctif est l'utilisation inconsciente de repères habituels et multiples, intégré au moment du tir par le biais de la vision périphérique. Ces repères sont : la fenêtre d'arc, le dos de la main, le fût de la flèche, la pointe de la lame. Le tir « instinctif » est d'ailleurs beaucoup plus productif et efficace lorsque l'archer ancre directement sous son ½il, réduisant les corrections à des modifications de hauteur. Pour dégager sa vue, l'archer incline légèrement son arc. Il l'incline d'autant plus que son ancrage se trouve décalé vers l'extérieur de sa joue, de manière à retrouver une ligne verticale entre son ½il et l'axe de sa flèche.
Très rapide, utilisable sur tous les types d'arc, le tir « instinctif » est le tir de chasse par excellence, celui qui permet de tirer en moins d' une seconde, qui autorise les positions les plus extravagantes. Il souffre néanmoins de deux inconvénients majeurs, rédhibitoires pour la majorité d'entre nous :

- Il n'est réellement efficace que si on dispose d'une excellente vue.
- Il demande un entraînement extrêmement régulier, voire quotidien (Howard Hill tirait 500à 800 flèches par jour !!!)

Pourquoi cette nécessité d'une bonne vue ? Tout simplement parce que avant de tirer vous devez estimer la distance de l'animal. En tir instinctif, on ne se pose pas de questions, on vise sur l'animal, on lâche et c'est parti. Seulement voilà, pour déterminer la hauteur à laquelle vous allez lâcher cette flèche, votre cerveau, qui travaille en sourdine, a besoin d'un estimation précise de la distance. Estimation qui ne peut être fournie que si votre vision binoculaire, celle qui permet de déterminer le relief, est bonne. Sinon, vous êtes dessus, ou dessous.
Parfois dedans, mais plus par hasard que par habitude.
Ce qui ne veut pas dire que l'on ne puisse pas tirer sans viseur de manière efficace en parcours de chasse. Simplement, dans ce cas, l'estimation de la distance passe par d'autres circuits, plus ou moins conscients, circuits occultés par l'émotion lors d'un tir sur un animal. Ce phénomène explique pourquoi de nombreux archers, bons tireurs en concours, ne ramènent pas souvent du gibier. C'est donc une manière de tirer difficile et parfois ingrate. C'est aussi, lorsqu'on réussit, un plaisir extraordinairement gratifiant.
Néanmoins, en aucun cas, l'utilisation d'un arc dit traditionnel ou le choix d'un tir sans viseur ne saurait être une excuse pour des tirs médiocres, inconstants et imprécis. Rappelons encore une fois que l'éthique de notre mode chasse implique de tuer proprement et de blesser le moins possible.

Bon, vous avez analysé votre situation, découvert que vous n'avez pas le temps de vous entraîner et que votre âge à fait baisser votre vue. Alors raccrochez votre bout de bois au clou et reprenez un compound avec un viseur : vous manquerez moins et serez plus sereins.

Incontestablement, le tir avec viseur est beaucoup moins contraignant. Un entraînement hebdomadaire est suffisant et avec une mauvaise vue, vous allez estimer la distance du gibier de manière consciente, en prenant des repères tels que la taille des feuilles des arbres à coté, la hauteur de l'herbe. Par exemple : l'herbe de la clairière arrive sous le ventre du chevreuil ; l'herbe fait 35 cm de haut, le brocard fait donc 60 cm, ce qui est la taille de mon chien ; je le vois comme je vois mon chien à trente mètres ; a trente mètres, j'utilise l'épingle de visée numéro trois ; Il ne vous reste plus qu'à viser armer décocher et c'est dedans..... si la bestiole à attendu tout ce temps, mais c'est une autre histoire ! De plus, ce mode de visée permet de se calmer plus facilement en se polarisant sur les processus à développer .

Mentalement maintenant, est-ce que les deux techniques diffèrent beaucoup ? En fait pas tant que cela. En effet, le processus de tir comprend des démarches intellectuelles qui débutent bien avant la dernière visée. Quelles sont-elles ?


Dans l'ordre, vous devez :

- identifier formellement votre animal
- vous assurer qu'aucun problème de sécurité ne peut se poser
- vous assurer que l'animal est tranquille, qu'il ne se doute de rien. Le tir d'un animal alerté peut avoir de graves conséquences si ce dernier saute le corde et reçoit la flèche dans la panse.
- Vous assurer qu'aucun obstacle ne risque de perturber la trajectoire de votre flèche. Attention en particulier aux herbes et aux branchettes, négligées au premier coup d'½il et qui envoient votre flèche à 30° de sa trajectoire initiale
- Vous assurer que l'animal se présente bien, de coté ou de trois quart arrière et que ses parties vitales sont bien exposées .
- Estimer la distance à l'animal si vous tirez au viseur
- Enfin, et c'est le plus difficile, une fois toutes ces conditions réunies, vous devez rentrer mentalement dans la bestiole, précéder votre flèche. Pour cela, il faut d'abord et avant tout oublier la silhouette pour ne se concentrer que sur le point à atteindre. Pour, comme le dit si joliment notre ami Canale, se concentrer sur le pou qui est sur le poil qui est sur le c½ur. Ensuite, et ensuite seulement, vous allez lever votre arc et envoyer votre flèche là ou vous regardez. Alors que ce soit en instinctif où tout se fait inconsciemment ou que ce soit avec un viseur dont vous allez poser l'épingle de visée choisie sur le fameux pou, les différences entre les deux processus sont extrêmement faibles.
- Et là, j'insiste bien sur un aspect particulier du tir avec viseur : en aucun cas, vous ne devez regarder votre viseur et ensuite le poser sur le point que vous voulez atteindre. Vous devez au contraire vous concentrer jusqu'à « sortir de votre corps » sur le point à atteindre pour ensuite venir y poser l'épingle de visée sélectionnée . C'est la seule manière de tirer de façon efficace sur un gibier, en oubliant l'émotion violente généralement engendrée par ce tir.
- Pour ceux qui ont beaucoup de mal à estimer les distances dans un environnement nouveau et inconnu, il existe des télémètres, lasers ou classiques qui peuvent apporter une aide réelle.
Lasers, arcs compounds, viseurs, télémètres, tout cela pue la high tech que nous essayons de fuir en revenant aux sources de la chasse ? Certes, mais dites vous bien que les arcs dits traditionnels sont gavés de fibres de carbone, kevlar, résines epoxy, vernis polyuréthanes, aucun d'entre eux n'ayant plus de trente ans d'âge. Essayez donc les arcs primitifs et vous aurez une idée précise de ce qu'était la chasse à l'arc autrefois. Et consolez vous en vous disant que si votre vue est mauvaise , c'est à cause du temps passé devant votre écran d'ordinateur, que si vous n'avez pas le temps de vous entraîner c'est à cause de votre travail, alors, assumez votre époque et partez sereins avec un compound bardé de gadget divers à la seule condition que cette profusion d'aides ne soit pas une incitation à un tir à longue distance.
La quintessence de la chasse à l'arc, c'est le tir à faible distance d'un animal que vous n'avez pas dérangé. L'arme qui vous permettra d'achever votre quête en propulsant votre flèche n'a aucune importance.


2/ L'armement

Bon, après une approche d'anthologie durant laquelle vous avez cru cent fois être découvert, vous êtes arrivé à quinze mètres ou moins d'un animal qui ne se doute de rien. Votre c½ur bat la chamade, vos genoux jouent des castagnettes, vos roustons ressemblent à deux olives qui veulent absolument retourner d'ou elles sont venues, votre souffle est court, vous vous demandez ce que vous foutez dans cette galère, et puis vous réussissez à ne plus voir que le poitrail de la bestiole, vous saisissez une ombre derrière la patte avant, là ou vous devez tirer. Cette ombre grandit dans votre esprit, vous ne voyez plus qu'elle ; Au cours du processus de concentration votre arc s'est levé tout seul en position de tir. A mesure que votre concentration atteint son paroxysme, vous retrouvez un peu de votre calme.
Ou du moins, vous faites moins attention aux symptômes. Dans la tache se trouvent des poils. Dans votre esprit, ils prennent la taille de l'okoumé. Et là, soudain, là, vous êtes frappés par la grâce, l'esprit de saint Canale descend sur vous et vous voyez LE pou.

Celui qu'il faut absolument voir.

Vous êtes prêts à emmagasiner dans les branches de votre arc l'énergie nécessaire à propulser votre flèches. Pour ce faire vous devez tirer sur la corde de votre arc jusqu'à emmener votre main dans sa position d'ancrage. Ce geste doit être fait avec une totale fluidité pour minimiser les chances que l'animal vous détecte. Ceci est valable et naturel pour les recurves et longbows, et doit le devenir pour les compounds. Un peu de musculation sera peut-être nécessaire à ce moment, mais il est hors de question d'armer un arc en le levant d'abord vers le ciel pour le baisser ensuite. Ce sont les muscles de l'épaule qui arment l'arc, et non les muscles du dos. Avec la fatigue de la chasse, les tremblements dus à l'émotion, l'hypoglycémie après une longue approche, vous pouvez vous retrouver devant un obstacle inattendu : l'impossibilité d'armer votre arc, si c'est un compound, ou pire, un armement trop court sur un traditionnel, avec pour conséquence une trajectoire plus courbe de la flèche et un impact trop bas.
Les causes de ce phénomène, fréquent, sont connues et simple à résoudre :
-1/ Tirez un arc plus léger, donc plus facile à maîtriser. Rappelez vous que dans tous les cas c'est la précision du tir qui tue, et beaucoup moins la force de pénétration de la flèche. Voir plus loin ;
- 2/ Faites de la muscu. Un simple sandowutilisé plusieurs fois par jour à des effets étonnants. Revoyez l'article sur la muscu paru dans le numéro... du chasseur à l'arc.

2/ l'ancrage

Bien, donc vous ne voyez plus que ce fameux pou, votre arc est monté, il est armé, maintenant nous arrivons au point le plus délicat du tir à l'arc : l'ancrage.
En effet, ce point est bien souvent négligé, à tort, ou au mieux traité par dessus la jambe, comme un élément secondaire.
Cela est faux.
C'est le deuxième point de visée, l'équivalent du guidon de la carabine. C'est sa stabilité qui permettra une visée précise et surtout, pour les tireurs de traditionnel, une allonge constante.
L'ancrage est le facteur principal qui influence la régularité de votre tir .

En ce sens il est primordial que vous n'ayez qu'un seul ancrage, parfaitement identifié, répétitif , aisé à retrouver même sous le coup d'une forte émotion, et très stable. Examinons les différents types d'ancrages habituellement recommandés :

L'ancrage sous le menton :

Très stable en vertical, peu stable en latéral, c'est l'ancrage traditionnel des tireurs olympiques. Du fait de la grande distance entre le fût de la flèche et l'½il, il est quasi impossible de l'utiliser en tir instinctif ( je sais, les archers anglais du XIV ème ancraient sur le sein, mais ils ne faisaient que cela, et puis ils trichaient. Ils faisaient des marques sur leurs arcs). Pour ceux qui ont commencé de cette manière, ce peut être faisable avec un viseur et un ½illeton. C'est l'ancrage du tir au décocheur....décocheur interdit en France.

L'ancrage au coin de la bouche :

C'est l 'ancrage type du tireur instinctif, mais il peut être utilisé aussi avec un viseur. Le fût de la flèche est suffisamment prés de l'½il pour être dans le champ de vision secondaire, et le coin de la bouche est très innervé, ce qui permet de bien sentir le contact du doigt. Il se divise en deux sous groupes :

A/ l'ancrage avec le majeur au coin de la bouche. C'est un très bon ancrage, d'autant plus que dans ce cas, l'index est appuyé sur l'arcade zygomatique, ce qui lui confère une excellente stabilité. Il est particulièrement adapté au tir instinctif car alors la flèche est très prés de l'½il, mais du fait de la largeur de l'arcade zygomatique, il décale le fût vers l'extérieur de la joue, obligeant le tireur à faire des corrections en hauteur et en latéral, ce qui nous ramène au premier axiome : tir instinctif, d'accord, mais à condition de s'entraîner très, très souvent. Il est inutilisable avec un viseur.

B/ L'ancrage avec l'index au coin de la bouche. Un peu moins stable que le précédent, du fait de la souplesse des tissus de la bouche il a le gros avantage de rapprocher le fût de l'axe de l'½il, ce qui oblige moins à se pencher et à pencher l'arc au moment du tir. Par contre il entraîne des corrections de hauteur plus importantes. Il est utilisable avec un viseur.

Enfin, l'ancrage des ancrages, celui qui présente quasiment tous les avantages, stabilité, reproductibilité, précision, facilité d'adaptation. Celui que je préfère, peut-être par déformation professionnelle, mais que j'ai trouvé dans le merveilleux livre de Hill :
L'ancrage dentaire :
En effet, ancrer sur une dent (Hill ancrait dans un interstice laissé vacant par une extraction) est un gage de stabilité puisque le dent ne bouge absolument pas . D'autre part, la canine maxillaire se trouvant juste au dessous de l'½il, l'appui de l'index à ce niveau entraîne de facto un alignement parfait du tube et de la vision. Il ne reste plus qu'à corriger en hauteur, d'instinct ou avec un viseur, et c'est dedans.
L'essayer, c'est l'adopter !

Enfin, c'est le seul ancrage dont vous pouvez être sûr à 100% quelque soient les circonstances. Même sous le coup d'une très forte émotion, vous ne décocherez pas avant de l'avoir atteint, ce qui se passe souvent avec les autres.



3/ la décoche. Palette ou gantelet ?


En ce qui concerne la décoche, le problème est vite énoncé : elle doit être parfaite. Seulement voilà, l'énoncer n'est pas le résoudre, loin s'en faut. Une bonne décoche, fluide et qui n'interfère pas du tout avec le départ de la flèche est la garantie d'un vol sans reproche. Pour y arriver, vous devez travailler trois aspects de la chasse à l'arc, à savoir :
1/ L'entraînement
2/ L'entraînement
3/ L'entraînement
Oui, je sais, je me répète, mais je ne connais rien de plus efficace.
Tout commence avec un arc de faible puissance. Placez vous à quelques mètres de la cible. Armez votre arc, fermez les yeux, concentrez vous sur votre main de corde. La corde doit glisser de vos doigts, et votre main de corde se retrouver pendante et inerte au bout de votre avant-bras. La sensation est la même que si vous teniez un livre entre vos doigts et que vous le laissiez échapper (Lecaille). La décoche ne doit pas être active, c'est à dire que vous ne devez pas ouvrir vos doigts. La moindre erreur dans cette phase du tir entraîne automatiquement un vol erratique de la flèche, avec les conséquences que l'on peut imaginer ( et parfois constater !!!) si une lame est fixée au bout.

Une fois ce geste, FONDAMENTAL, maîtrisé, utilisez votre arc de chasse sur cible, puis dans la nature, dans toutes les positions. Il ne reste plus qu'à décocher de la même manière à la chasse, malgré l'émotion, la fatigue, la position acrobatique....plus facile à dire qu'à faire. N'hésitez pas à faire contrôler votre décoche par un archer compétent et expérimenté si vous ne parvenez pas à tirer droit malgré un matériel correctement réglé.

Que faut-il utiliser, une palette ou un gantelet ? Là, je dirais que cela n'a aucune importance, du moment que vous êtes à l'aise avec. En général, les traditionalistes tirent plutôt au gantelet, les autres à la palette, mais il n'y a pas de norme. Il est certain qu'une palette peut être une gêne dans certains cas car elle diminue les capacités de prise de la main qui la porte. Et comme l'autre main tient l'arc....Il est parfois sportif de s'accrocher aux branches, aux racines, aux rochers pour s'assurer dans les passages difficiles, et le tout sans faire de bruit.
Lorsque je chasse avec une palette, j'ai l'habitude de la retourner sur le doigt qui la tient pour dégager ma main. La remettre en place qu dernier moment se fait très vite et sans problème. Vous avez aussi la solution de chasser sans rien, doigts nus. Mais attention, ces accessoires de tir sont très importants dans la mesure ou ils changent radicalement la perception du point d'ancrage, de la position de l'encoche et d'autres paramètres du tir. Il est fondamental de chasser avec un accessoire que vous connaissez parfaitement ; Si vous choisissez la solution des doigts nus, cela implique que vous vous entraîniez de cette manière. Bonjour la corne sur le bout des doigts !!!!!

4/ le bras d'arc

Encore un point très important pour la réussite du tir.
Comme vous le savez déjà, votre bras d'arc doit, au moment du tir, être parfaitement rigide et stable. Différentes techniques sont utilisées, bras droit, bras légèrement cassé, surtout en traditionnel, que vous devez maîtriser pour arriver à tirer correctement. Ces techniques, comme la décoche, l'armement, la visée etc...doivent être vues et corrigées dans le cadre de clubs de chasse. Le point important que je veux souligner est la difficulté qu'il y a à les appliquer au moment de tirer sur un animal.
Imaginez vous après une approche difficile sur le cerf de vos rêves. Il fait froid, il pleut, le sol est malsain et la pente rude. Depuis l'aube, vous réduisez la distance avec le gaillard que vous avez localisé la veille grâce à vos jumelles. A mesure que vous approchez, la puissance de son brâme vous secoue plus les tripes. L'odeur fortement musquée qui vous arrivait par bouffée il y à peu, remplit maintenant vos narines. C'est signe que le vent est bon. La pente augmente encore et le couvert de feuilles de noisetier devient franchement glissant. Vous êtes obligé de monter en vous aidant d'une main comme troisième patte, de ramper sous les branches basses des arbustes autour de vous, de faire de fréquentes pauses pour reprendre un peu de souffle. Votre chapeau est arraché par les branches, vous le fourrez machinalement dans une poche et aussitôt la pluie glaciale vous coule sur le crâne et dans le cou. Devant vous, à trente ou quarante mètres, le cerf, votre cerf casse des branches, grogne, brame, urine, se bauge avec des attitudes de mâle halluciné.
Soudain, vous cassez une branche.
Surpris et contrarié, vous vous figez, un pied sur une souche, l'autre sur une pierre moussue, en équilibre instable. Croyant à l'approche d'un mâle concurrent, votre adversaire pique sur vous, bramant à s'arracher les poumons. Arrivé à dix mètres, ne trouvant pas ce qu'il croyait trouver, inquiet, il s'immobilise ; Vous n'osez pas bouger, vous êtes tétanisé par la peur, l'odeur épouvantable de la bestiole vous donne envie de tousser, vous craignez de perdre l'équilibre à tout moment, votre c½ur bat la chamade, votre souffle est court. Au bout de quelques longues minutes, rasséréné, le cerf se tourne de profil pour jeter un dernier regard dans la direction approximative du bruit avant de revenir à sa place de brame. C'est le moment ou jamais, une méga-décharge d'adrénaline parcourt vos veines, vous levez votre arc...Hé bien , même dans ces conditions, votre bras d'arc ne doit pas trembler d'un iota si vous voulez que votre flèche atteigne son but. Cela nécessite un entraînement régulier (on y revient toujours) et un maîtrise des automatismes. Vous ne devez pas douter dans un moment comme celui-ci. Pour cela, deux conditions sont essentielles :

Votre arc ne doit pas être trop puissant. Le problème sera donc minimisé avec un compound.
Votre bras doit être pourvu de ces accessoires un peu craignos que l'on trouve à la tonne dans certains films de série Z américains : des muscles conséquents. Pour cette situation, les exercices les mieux adaptés sont les pompes (Voir article précédent sur la musculation)

5/ le suivi de la flèche


Comme sur cible, un fois la flèche décochée, vous devez la suivre jusqu'à ce qu'elle touche son but. Ce suivi est très important, non qu'une quelconque action télépathique continue de guider votre flèche au cours de son vol pour accroître sa précision, mais un désintérêt immédiat après la décoche a pour conséquence instantanée de faire baisser le bras d'arc avant que la flèche ne quitte son appui frontal. Il faut en fait suivre la flèche dans la totalité de sa trajectoire, jusqu'à la voir couper en deux ce satané pou (sur le poil sur ....) plutôt que de prendre le risque de regarder ailleurs trop tôt.
De plus, un suivi efficace de la flèche permet de bien visualiser le point d'impact de celle ci (c½ur, poumons, patte, caillou, cèpe...) et donc de prévoir le temps d'attente que vous allez devoir respecter avant de bouger. Elle sera aussi plus facile à retrouver au cas, improbable, ou vous manqueriez votre but.


6/ La maîtrise de l'émotion.


Vous l'aurez compris, le tir de chasse n'a rien à voir avec les tirs que vous pratiquez pour vous entraîner. Vous maîtrisez rarement la position de votre corps, et pas du tout les obstacles entre vous et l'animal, ni les réactions du gibier. Cet ensemble de paramètres aléatoires augmente encore l'émotion que vous ressentez naturellement à l'idée de tuer un être vivant. Si l'émotion est trop violente, elle peut conduire au gel, à la paralysie avant le tir. Les Amerloques parlent de Buck Fever. Voir « Délivrance » pour une bonne illustration du propos.
La maîtrise de cette émotion est le l'aspect le plus difficile du tir de chasse. Il n'y a pas, à ma connaissance, de recette miracle. Il y en aurait une, d'ailleurs, je me la serais appliquée à moi-même, et je serais plus productif. Néanmoins, quelques trucs peuvent vous aider :
Respirez lentement et avec le diaphragme ( avec le ventre) en expirant longuement sans bruit jusqu'à ce que vous sentiez les tremblements diminuer.
Concentrez vous sur ce fameux pou et oubliez l'animal dans son ensemble, pensez à votre tir et précédez votre flèche dans la bestiole.
Soyez agressif envers votre gibier. Au besoin, détestez le !
Eliminez toute source de doute d'origine technique en maîtrisant totalement le processus de tir. CQFD, entraînez vous aussi souvent que possible, dans toutes les positions, dans toutes les circonstances. Je l'ai déjà écrit, peut-être ?
Pratiquez le yoga si besoin, prenez des poudres de perlimpinpin, faites vous faire des amulettes par un marabout africain, n'oubliez pas de porter ce jour là les vêtements qui tuent, bref, rassurez-vous par tous les moyens.

6/Le mental « killer mind »

Pour réussir votre tir vous devez aussi vous rappeler une évidence : Vous êtes là pour tuer.
Cela signifie que dans un premier temps votre cible va encaisser la flèche avec peut-être une réaction violente et/ ou bruyante, et dans un deuxième temps présenter des symptômes de malaise dont le spectacle peut incommoder. De plus une flèche tue par hémorragie, donc l'action va être sanglante, voire très sanglante. Vous devez être préparés à ce type de réactions par le visionnage de cassettes de chasse, en accompagnant des archers plus expérimentés à la chasse, en méditant et anticipant la mort de votre animal. Pour des raisons philosophiques parfaitement défendables, vous pouvez très bien ne pas vous sentir le droit ou le courage d'ôter la vie à une créature vivante.
Cette option est infiniment respectable.
Mais dans ce cas, faites du tir sur cible et photographiez les animaux que vous approcherez. Chasser à l'arc, ce n'est pas se balader dans la nature avec un arc en se disant que, si des fois un chevreuil dépressif venait se jeter devant notre flèche, ce serait encore mieux. Non, notre mode de chasse à besoin de gagner ses lettres de noblesse et sa crédibilité dans notre pays.
En conséquence, chasser à l'arc, c'est chasser avec un arc, pour tuer du gibier.
L'éthique de base de notre mode de chasse vous donne le droit de tuer, pas celui de blesser. Or, hésiter au dernier moment pour les raisons précitées, c'est l'assurance de faire au mieux un loupé, au pire un blessé. L'animal qui se trouve à portée de votre flèche doit mourir, c'est son jour puisqu'il à fait la faute qui le place à votre merci. Pendant les quelques instants nécessaires à la conclusion de l'action, vous devenez un tueur. Vous devez vous sentir agressif et déterminé à l'encontre de votre gibier. Vous pouvez même le détester, l'insulter, avoir envie de le mordre. Si, au dernier moment, vous ne sentez pas cette volonté de tuer vous envahir, même en dehors de toute pensée consciente, abstenez vous de tirer, ou faites une pause avant de reprendre le cours de l'événement.

Que la haine soit avec vous


7/ La puissance de l'arc


Au dernier moment, entre l'émotion et la fatigue, chacun de nous perd une partie de ses moyens, plus ou moins importante selon l'intensité de son entraînement et son émotivité. Pour les tireurs traditionnels, c'est l'instant de vérité : la puissance de mon arc est-elle bien choisie ?
En effet, pour des raisons sur lesquelles il serait blessant d'insister, la plupart d'entre nous tire des arcs traditionnels trop puissants. Or, tirer trop puissant, c'est l'assurance :

1/ De ne pas armer son arc à la bonne allonge sous le coup de l'émotion.
2/ D'avoir un bras d'arc qui tremble
3/ De se laisser déconcentrer par l'accumulation des problèmes
4/ De louper sa décoche
5/ De manquer, ou pire, de blesser
6/ De s'énerver contre le matériel, le vent, la pluie, la lune, la marée, etc
7/ De gâcher sa journée

Vous devez maîtriser votre arc dans toutes les circonstances et pour cela il n'y a que l'entraînement. Et pour être sûrs de ne pas vous laisser dépasser par votre engin, tirez une puissance faible : 45, 50 maxi 55 #. 50 livres avec des flèches lourdes, par ex 42-45 grammes et des lames bien affûtées sont largement suffisants pour tout chasser dans notre pays. Les flèches lourdes ont une trajectoire très courbe ? Exact, donc entraînez vous beaucoup et souvent. Et pour être sûr de taper où il faut, tirez de prés, voire de très très prés. N'est-ce pas l'essence même de la chasse à l'arc ?

6/ Le tir montant/descendant

Lors de vos actions de chasse, vous améliorerez la qualité de vos approches en utilisant le relief que la nature met à votre disposition. Vous serez étonné de l'efficacité d'un simple fossé, vous serez surpris des possibilités offertes par un ruisseau ou une rivière peu profonde. Dans le même esprit, vous pourrez approcher à des distance incroyables des animaux réputés inapprochables ( Par nos amis carabiniers qui, il faut bien le dire, ne se donnent pas beaucoup de mal pour cela ) en les attaquant par le haut d'une pente, en rampant jusqu'à la crête le plus proche, en vous cachant en haut d'un rocher. Vous augmenterez vos chances de remplir votre congélateur en utilisant une plate-forme d'arbre, ou tree-stand. Rappelons au passage que le taux de réussite d 'un chasseur à l'arc est de 5 % , alors que ce taux passe à 11 % si il utilise un tree-stand.
Toutes ces techniques et ces astuces ont en commun de demander des tirs montants ou descendants qui peuvent être extrêmes. Le principe de base de ce genre de tir est de corriger la parabole de sa flèche en fonction de la distance horizontale qui nous sépare du gibier. Beaucoup plus facile à dire qu'à faire. En réalité, il n'y a que deux solutions qui fonctionnent bien : l'entraînement préalable chez soi, depuis une échelle ou un toit, voire un arbre, et l'entraînement sur le terrain à l'aide de flèches munies de blunts acier, caoutchouc, voire de lames de chasse matées. En effet, avec la meilleure volonté du monde, il peut être difficile de reproduire chez soi les conditions exactes du tir sur les lieux de chasse. Par manque place, ou tout simplement de relief. De plus, la végétation locale est certainement différente de celle de votre jardin, ce qui peut suffire à perturber complètement le jugement et donc le tir. Il est donc fondamental, une fois rendu sur les lieux de chasse, et en particulier si on est loin et dépaysé, de commencer son séjour par une solide séance d'entraînement au tir, debout, assis, à genoux, vers le haut, vers le bas, et ce d'autant plus que l'on sera sur un terrain montagneux.

6/ L'entraînement. Le regard de Hill.

Pour la réussite de votre tir, vous aurez compris que deux facteurs essentiels vous incombent : Un mental de tueur et un entraînement régulier et d'autant plus poussé que vous aurez choisi une arme simple. Cependant, comme vous l'aurez pressenti à le lecture du chapitre précédent, l'entraînement au tir de chasse ne consiste pas seulement en un tir régulier sur une cible fixe à des distances variables. Ce qui va faire la difficulté de votre tir au moment crucial, c'est le terrain sur lequel cela se passe, les obstacles entre vous et votre cible, et les contorsions que l'ensemble va vous imposer.

Commençons par le terrain. Je l'ai déjà dit, un terrain d'entraînement aussi proche que possible dans sa conformation est indispensable pour estimer les distances correctement. Il est parfois difficile, lors de certaines chasses, de trouver cela. Je pense en particulier à des lieux comme le Caroux ou les Pyrénées, et sans doute bien d'autre que je ne connais pas, au relief très typé et accentué. Pour cela, il faudra se rapprocher le plus possible de ces modelés naturels en cherchant autour de chez vous les endroits appropriés. Néanmoins, nos amis des Landes, par exemples, risquent d'avoir du mal à concrétiser. Il ne faudra pas hésiter, alors, à sacrifier la première matinée de chasse, celle qui sert habituellement à la reconnaissance du territoire, et tirer des dizaines de blunt pour apprendre le terrain et ses pièges. On se méfiera en particulier de l'altitude qui, du fait de la raréfaction de l'air, modifie les trajectoires des flèches en réduisant la traînée.

Pour ce qui concerne les obstacles entre la cible et vous, une chose doit être bien claire : quelque soit le poids de vos flèches, vous ne pouvez accepter de tirer au travers de branches, branchettes, voire seulement d'herbes hautes. En effet, une flèche de trente-trente cinq grammes va se trouver complètement déviée par le moindre petit obstacle. Cela implique que vous preniez le temps, avant chaque tir, et ce même si vous avez devant vous le trophée de votre vie, de vous assurer que rien ne peut venir perturber la trajectoire de votre flèche. Et ce, plutôt deux fois qu'une. En conséquence vous devez aussi vous entraîner dans des broussailles, en cherchant une ligne de tir acceptable, jusqu'à intégrer la démarche à adopter pour ces conditions de tir. Deux points sont importants à mémoriser :

1/ Vous ne devez en aucun cas regarder au moment du tir les branches qui vous ennuient, sous peine de voir votre flèche s'y planter.
2/ Rappelez vous que vos flèches ont une trajectoire courbe dont l'apogée se situe environ à mi-chemin de votre cible. Conséquence : attention sur les cotés , mais aussi en haut dans des proportions que seuls des essais réguliers vous permettront de déterminer. Autre conséquence, plus intéressante : vous pouvez tirer sur un animal dont vous ne voyez que le haut du corps, si l'obstacle qui le cache se situe assez prés de vous. Là aussi, un entraînement régulier dans des conditions similaires aidera à préciser les trajectoires.

Enfin, mais là on rejoint les bases fondamentales du tir de chasse, en action, vous serez amenés à tirer dans des positions les plus acrobatiques. CQFD, comme vous vous en doutiez, pratiquez dans ces mêmes positions. Les classiques : debout sur un tronc d'arbre, debout sur un rocher, assis sur un tronc avec un pied dans la pente, à genoux, assis par terre (très fréquent), assis sur une branche, et dans tous les cas selon votre position de tir habituelle, mais aussi à l'opposé ( pied gauche en avant pour tirer vers la droite pour un droitier par ex.)
Mais aussi, uniquement pour les tireurs de recurves et de longbows, à plat ventre, l'arc complètement couché.

Enfin un truc que nous tenons du grand Howard Hill lui même : Dans la vie courante, habituez votre regard à se concentrer sur un point précis de chaque objet rencontré. Une fois le regard formé à cette discipline, vous aurez moins de difficulté pour trouver le pou sur le poil etc...


7/ intégrer la taille du gibier

Un autre problème très ennuyeux auquel on se trouve confronté en action de chasse est l'estimation correcte de la taille du gibier. De cette estimation va dépendre celle de la distance et, par là même la précision du coup. Or, si chacun d'entre nous peux donner sans se tromper la taille d'un lapin, d'un lèvre, d'un renard ou d'un faisant, les choses se corsent dés lors que l'on se trouve confronté ne serait-ce qu'à un simple chevreuil. Combien de chasseurs ont déjà approché un chevreuil sur pied d'assez prés pour donner sa taille ?? Fort peu en vérité. Et cela empire dés lors que l'on s'attaque à des gibiers plus exotiques. La taille d'un cerf ? Celle d'un mouflon ?? d'un isard ? D'un wapiti ? D'un céphalophe de Grimm ? D'un cob de Buffon ?.

Pour les animaux totalement exotiques, comme les animaux africains, la solution la plus simple passe par les parc zoologiques. Avant de partir sur le continent noir, offrez vous un tour dans un de ces établissements et observez longuement la taille et l'anatomie des animaux que vous pensez chasser. Je me rappellerai longtemps ma première rencontre avec un céphalophe roux dans la forêt gabonaise. Mon pote Jean-Marie était derrière moi, couvrant le brouhaha de la jungle avec les appels plaintifs du céphalophe blessé, que l'on obtient en pinçant ses narines. Je m'étais agenouillé devant le type, pour ne pas le gêner si il voulait tirer par-dessus moi. Et soudain, au milieu des couinements, des claquements de langue agacés m'intriguèrent. Je me retournai vers mon guide, pour découvrir le type grimaçant, faisant des signes les plus discrets possibles pour désigner quelque chose devant nous. Je regardais de nouveau, et soudain je la vis. Elle était là, en plein travers, avec son museau de souris et son arrière train surélevé de dragster, nerveuse, craintive, prête à exploser au ras du sol. Oui, mais voilà, c'était la première fois que je voyais cet animal, et de plus dans un biotope inconnu ou les arbres font trois fois la hauteur des nôtres et cinq fois leur diamètre. Avec ma vision déficiente qui ne permet pas d'estimer les distances , la question me tomba brutalement sur le caberlot : s'agissait-il d'une grosse antilope, vue à vingt cinq mètres, ou d'une petite bestiole à dix ??? Je ne m'étendrais pas sur le résultat de mon tir, mais désormais je sais quelle taille fait un céphalophe à dos roux . Allez, tiens, puisque nous sommes entre amateurs, je vous le dis : un céphalophe à dos roux, cela fait trente cinq centimètres de haut, soit à peu prés la taille d'un cocker.
Pour les animaux nord américains, peu présents dans les parcs, la solution passe par la pratique régulière de tir 3D. En effet, les cibles 3D sont extrêmement bien réalisées, que ce soit au point de vue de la taille que des proportions, de l'anatomie ( nous allons y revenir) que de la couleur du pelage, elles sont ultra réalistes. Il ne leur manque plus que d'être comestibles et elles seront parfaites.
Finalement, le principal problème pour nous autres chasseurs européens, ce sont les gibiers que nous allons avoir l'occasion de chasser sur le vieux continent. Qui peut se targuer d'avoir approché un mouflon d'assez prés pour connaître sa taille exacte ?? Et inutile de chercher ces bestioles dans les zoos, il n'y en a pas. La seule solution alors consiste à préparer des cibles en papier faites sur mesure, et sur lesquelles seront dessinées les silhouettes exactes de ces animaux..


7/ Ou tirer l'anatomie du gibier

Bon, tout baigne, votre c½ur a ralentit son rythme, la bestiole ne se doute de rien, vous avez vérifié que tous les paramètres sont favorable. Vous voyez de mieux en mieux le fameux pou, il grossit dans votre esprit, vous allez tirer...Oui, mais ou le voyez vous, ce pou ?
Chaque animal possède des particularités anatomiques qui font que vous devez toucher certaines régions et pas d'autres. De plus, selon l'angle sous lequel se présente votre cible, le point d'impact doit varier de manière à ce que le trajet de la lame ait le plus de chances de traverser soit une zone riche en vaisseaux de gros diamètres, comme le c½ur ou le foie, soit les poumons, ce qui provoque une mort très rapide par collapsus. Seulement, avant de traverser ces régions la, il faut savoir ou les situer, et quels sont le obstacles à éviter. En aparté, précisons une chose : à l'arc, seuls le tir c½ur poumon foie est acceptable. Toutes les autres régions anatomiques sont des fautes si leur contact est intentionnel. Ceci pour nos amis carabiniers qui ne sont pas familiarisé avec leur nouvelle arme : le tir de cou, le tir à la tête, le tir de face, le tir plein cul sont des tirs interdits.

Pour perfectionner ses connaissances en matière d'anatomie, il n'y a pas beaucoup d'autres solutions que de lire attentivement les ouvrages de zoologie les plus clairs dans ce domaine. La plupart sont écrits par des scientifiques, mais un certain nombre l'est par des chasseurs. Dans ce dernier cas, il faudra juste se rappeler que les zones de tir proposées le sont pour la carabine. A nous de faire la transcription pour notre arme de prédilection, en tenant compte des éléments anatomiques décrits. Rappelez vous aussi que, même si les flèches de chasse ont un pouvoir de pénétration stupéfiant, sur de très gros animaux certains os vont constituer un blindage infranchissable. C'est le cas de l'omoplate du cerf et du gros sanglier, des cotes du buffle, de l'humérus de tous. Il est donc primordial de bien pouvoir situer ces os sur un animal dont on ne voit qu'une partie, et quelque soit l'angle sous lequel on le voit. Rappelez vous aussi de la particularité du sanglier qui possède des apophyses vertébrales extrêmement longues, ce qui oblige à viser la moitié inférieure de la bête. Enfin il est toujours très utile, pour tous ceux qui pratiquent d'autres formes de chasse, de participer au dépeçage des animaux tués, même par d'autres, afin de bien visualiser ces éléments d 'anatomie.

Pour ce qui concerne le gibier nord-américain, les cow-boys ont sorti une série de cibles 3D fort bien faites, car démontables et laissant apparaître les organes sous-jacents avec une précision orthopédique. Malheureusement, de telles cibles ne sont pas, à ma connaissance, disponibles pour le gibier européen

8/ Quand tirer


Enfin le dernier aspect important du tir de chasse, celui auquel il est le plus difficile de s'habituer, surtout après de longues heures d'entraînement sur cible : le moment du tir. En effet, nous devons garder présent à l'esprit que tous les animaux sans exception disposent de réflexes suffisants pour réagir au bruit de la décoche. Si vous n'en êtes pas déjà convaincus, il vous suffira de regarder des vidéos de chasse produites par les yankees. Sur toutes sans exception, et quelques soient les conditions de chasse, on voit les animaux réagir dés l'audition du bruit, et sur certaines, on s'aperçoit même que la réaction de l'animal est telle que au moment de l'impact son corps à déjà bougé de plusieurs centimètres. Et pour des raisons d'éthique, on ne nous montre que des tirs réussis !!! A l'analyse de ces films, des spécialistes en on tiré la conclusion que pour qu'une flèche arrive au point d'impact avant que l'animal n'ait réagit, elle devrait voler à plus de...600 pieds secondes. Lorsque l'on sait que la moyenne de vitesse des flèches est de 170/ 180 pS pour les arcs traditionnels, et 220/230 pour les compounds, on mesure le gouffre que cela représente.

Cela appelle deux conclusions :

La première, déjà énoncée par ailleurs et renforcée ici, c'est que pour éviter des tirs ratés par esquive de l'animal, il faut réduire le temps de vol de la flèche pour minimiser le délai entre l'audition du bruit et l'impact. Et pour cela, la seule solution, à part la carabine, c'est de tirer de prés. Du plus prés possible, donc ! Cela oblige à travailler ses techniques d'approche, mais nous en traiterons dans un prochain article.

La deuxième, c'est que pour minimiser l'ampleur des réflexes de l'animal, nous ne devons tirer que sur un gibier calme, pas alerté et qui ne regarde pas dans notre direction. Encore une condition restrictive ??? Hé oui, c'est la dure loi de la chasse à l'arc.



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#Posté le samedi 14 juillet 2007 12:31

LA PREMIERE FOIS

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2. -La première fois
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9. Février 1987, trois mois déjà que je vis au Gabon. Depuis trois mois je regarde avec appréhension les lisières floues de la grande foret qui borde les rares pistes entourant Tchibanga. Bien sûr, je me suis déjà aventuré, sur la pointe des pieds, dans les savanes arbustive particulières du sud-ouest de ce magnifique pays. J'ai même eu la chance, lors de ma première sortie, de tomber sur un groupe de cobs defassa appelé là-bas tsungu; Par un hasard extraordinaire, je les ai même approchés à distance de tir, mais ma première flèche était loin d'être assurée et elle allait se planter près du jeune mâle que je visais.
Mais aujourd'hui les choses prennent un tour infiniment plus sérieux. En effet depuis la semaine dernière j'ai rencontré l'homme dont on me parle sans cesse lorsque je parle de chasser à l'arc. Ce chasseur est un vieil habitué de la brousse puisque il vit sur place depuis vingt ans. Notre première rencontre a été très rapide, au cours d'une visite touristique du chantier d'exploitation du bois de Dousala, sur lequel il travaille comme directeur technique ; nous avons bu une bière et discuté brièvement de nos goûts commun pour l'archerie. Etant alors accompagné par des individus plutôt envahissants et sans gêne, je ne voulu pas prolonger cette rencontre de peur de laisser un souvenir désagréable.
Quinze jours plus tard, nous revoilà confrontés, cette fois-ci avec nos épouses. Le repas du soir se passe on ne peut mieux, sur la terrasse de la case en bois attribuée à chaque cadre du chantier. La magnifique table de salle à manger, débitée dans une seule tranche d'un énorme tronc de bois précieux reçoit des mets franco français qui paraissent décalés dans ce fond de brousse. Après le boeuf bourguignon,et le camembert coulant, arrosés de vin rouge |e tout très bien cuisiné par notre hôtesse, nous nous régalons d'un dessert de fruits tropicaux frais qui nous rappelle quand même l'endroit où nous sommes. La conversation est curieuse avec ce grand monsieur, de quinze années plus âgé que moi, que je n'ose tutoyer et que, pourtant, il me semble connaître depuis très longtemps, comme chaque fois que l'on rencontre quelqu'un avec qui on s'entend de suite. Une fois le repas terminé, la dernière cigarette fumée nous nous séparons pour rejoindre nos chambres respectives. La notre est bien sûr la case de passage réservée aux hôtes du chantier. Construite, comme toutes les autres cases, en planches à peu près rabotées montées sur une chape de ciment brut vaguement lissée, elle n'en est pas moins confortable et accueillante avait tous ses tapate ajustés, sa salle de bains en béton, et sa quasi absence de cafards; du moins lorsque nous nous installons!
5 heures 30, le réveil sonne, me mettant au comble de l'excitation. J'écoute pendant quelques instants les bruits fantastiques de la jungle toute proche, et je me décide à me lever. Mon premier travail est d'attraper la lampe de poche glissée entre nous dans le lit. Le faisceau éclaire la moustiquaire, ne révélant rien d'autres que quelques insectes banals. Sur le sol des cohortes de cafards se livrent à leurs grandes manoeuvres de printemps. Les 15 cm de chaque individu ne sont pas tellement gênant en eux même, mais on s'habitue difficilement aux claquement qu'ils font lorsqu'on les écrase. Rien non plus dans les chaussures, je peux m'habiller et me rendre, en voiture, à la case de Jean-Marie, pour le petit déjeuner.
Lorsque j'arrive ce dernier est déjà attablé, et il se penche avec une attention soutenue sur la confection d'une tartine baguette-beurre-miel accompagnée d'un morceau de fromage. Les fentes qui lui servent d'yeux affichent provisoirement fermées. Les deux mots qu'il parvient à me grogner me font douter de notre conversation de la veille: quand l'ai-je vexé? Finalement, après de nombreux petits déjeuners, je sais que cela fait partie du personnage. Le thé et le pain passent difficilement l'étranglement de ma gorge. Pour lui, qui vit toute l'année dans ce milieu, et qui s'y plaît tellement que ses journées de loisirs sont consacrés à y chasser, cela n'est qu'un départ en brousse parmi d'autres. Mais pour moi, c est la première fois que je vais entrer dans cette forêt dont ont se fait une image tellement forte. Le jour pointe le premier poil de son museau lorsque nous chargeons les arcs dans le pick-up de service. Nous vérifions que la traditionnelle caisse popote est approvisionnée en bière fraîche, en fruits, en eau, et en cigarettes. Les tremblements du diesel poussif déchirent le silence relatif de l'aube. La pauvre voiture, quelque peu fatiguée par ces deux cent cinquante mille km de piste brinquebale, proteste dans les trous,gémit sur la tôle, hurle sur les bosses mais nous amène vers le lieu de chasse. À mesure que nous avançons le peu de traces de civilisation auxquelles nous pourrions nous raccrocher disparaît. D'autant plus que Jean-Marie bifurque sur une piste qui n'est plus utilisée depuis quelques années, elle a donc été ensemencée par les éléphants et nous zigzaguons entre d'énormes paquets de crottin, au centre desquels émergent des arbustes de quelques centimètres de diamètre. Soudain la pisté est coupée par une crevasse bien nette et le chef me regarde avec son premier sourire de la journée:
"tu vas maintenant comprendre pourquoi je suis allé chercher ces deux planches à la scierie hier soir !"
Effectivement, quelques minutes plus tard, un magnifique pont franchit l'obstacle, sur lequel Jean-Marie et la voiture passent prudemment. Toujours prêt à rendre service, j'ai préféré rester sur la piste afin de guider les évolutions des vieux complices. Je remonte dans le taxi, et nous poursuivons notre route.jean-Marie me fais remarquer que de cette manière, il est à peu près assuré que personne n'est venu braconner dans le coin depuis longtemps. À peine a-t-il fini sa phrase que je le vois ralentir, ouvrir sa portière, et plonger sur la piste, tout en progressant au ralenti. Je suis surpris de cette nouvelle façon de conduire qui me paraît peu favorable à la visibilité frontale, lorsque il ramène sa grande carcasse à l'intérieur de l'habitacle avec un immense sourire et il me dit, en s'arrêtant "nous venons de couper une piste de cochons fraîche, nous allons la remonter! »
A peine la portière de la voiture fermée, je réalise intensément le milieu dans lequel je suis plongé. Il sept heures du matin, la chaleur - d'environ 30° est acceptable, mais l'humidité reste néanmoins de 90% ce qui prend les moindres geste pénibles du fait de la moiteur du contact entre la peau et les vêtements. Un aigle passe aux dessus de nos têtes et le chef me suggère aussitôt de le flécher au vol. Evidemment je n'obtempère pas, ne sachant si c'était une proposition sérieuse ou une plaisanterie. Il semble déçu. Pensait- il que j'allais le faire? Nul ne le saura jamais. Nous vérifions notre matériel et emportons deux canettes de bière ainsi que quelques une de ces délicieuses petites bananes équatoriales, du pain et des sardines à l'huile. Nous tirons une flèche chacun dans la terre meubles des berges de la piste, et nous voilà partis. comme dans tout bon film d'aventures Jean-Marie sort sa machette pour franchir le rideaux de verdure extrêmement dense qui marque la lisière de la foret.
Ma première surprise est qu'il la range aussitôt: en effet, sitôt franchit les premiers mètres de végétation inextricable, l'horizon s'agrandit et la visibilité atteint, voire dépasse trente mètres. Cela provient de ce que les grands arbre de la forêt captent toute la lumière, empêchant ainsi la croissance de la végétation au sol . De plus, le Gabon étant extrêmement bien pourvu en animaux, de nombreuses pistes s'entrecroisent au niveau du sol, particulièrement les piste à éléphants.
Nous suivons donc les traces de notre bande de cochons, probablement passés là vers la fin de la nuit. Tout, pour moi, est nouveau, et finalement assez peu conforme à l'idée que je m'en faisais. Nous marchons longtemps avant d'arriver dans une de ces zones riches en animaux, pour la simple raison que la forêt équatoriale fleurit et fructifie par zone, phénomène habituellement suivi par les animaux non territoriaux de cette forêt. Jean-Marie s'immobilise soudain et me regarde en affirmant que nous allons appeler. En entendant cela , je sens des frissons me courir le long de la colonne vertébrale. En effet, qui veut-il appeler en pleine jungle? Et si il s'imagine voir une cabine téléphonique à proximité, cela signifie que je me trouve en pleine jungle avec un dingo total. Il m'attrape et me fait agenouiller en me recommandant de ne pas bouger,interrompant mes reflexions. Quelques instants plus tard un son déchirant perturbe le silence de la forêt. En me retournant, je m'aperçois que le chef a pincé son nez et qu'il s'efforce d'imiter le cri de l'antilope blessée. Enfin, pour l'instant, je ne sais pas que c'est le cri de l'antilope blessée, je me demande plutôt ce qu'il essaie de faire. D'autant plus que, bien qu'appelant depuis très peu de temps, il fait soudain des yeux bizarres dans ma direction en essayant également de me faire réagir par des claquement de langue. Je commence à ne plus être à l'aise du tout, lorsque enfin, je me décide à regarder la forêt devant moi. Au bout de quelques instants je distingue, droit devant, plein travers, la petite masse flamboyante d'un céphalophe roux. Je suis paralysé par l'émotion et ne peut lever mon arc. D'autant plus que je ne sais s' il s'agit d'une grosse bête assez loin,où d'une petite tout prés. Au bout d'un moment,inquiète de ne rien voir d'autre qu'une espèce de chimpanzé géant faisant des gestes bizarroides, elle nous fuit tranquillement . Nous reprenons notre progression à travers la grande foret. Je m'efforce de suivre Jean-Marie dont les longues jambes me distanceraient sans problème, d'autant plus que sa connaissance du terrain lui fait éviter les obstacles sans même s'il les aperçoive. Son visage demeure impassible, et je me demande si il ne m'en veut pas de ne pas avoir tiré cette antilope. Une bande de singes s'enfuit à travers les cimes en hurlant leur désapprobation, tandis que des touracos s'injurient les uns les autres copieusement .
Depuis une heure, la chaleur s'est accrue, et j'ai l'impression de progresser dans un sauna. Mes vêtements sont trempés, mes chaussures aussi, et en plus le sol devient plus humide comme nous descendons au fond d'une vallée. Il est toujours aisé de progresser sans machette, ce qui ne cesse de m'étonner. Soudain, alors que je commence à avancer mécaniquement, sans plus faire attention au milieu dans lequel nous nous trouvons, je vois le chef courir de toute la vitesse de ces longues jambes. Un doute m'assaille: que se passe t'il donc? Je suis à demi rassuré par le visage hilare de mon guide, lequel s'est arrêté à une quarantaine de mètres de moi, qui ai quand même quelque peu accéléré. Soudain la première morsure se fait sentir aux mollets, immédiatement suivie d'une deuxième à la cuisse puis d'une troisième, puis d'une quantité! À ce moment, je pense à regarder rapidement autour de moi: des magnans! Des centaines de milliers de magnans en chasse. Deux mots d'explication: lorsque ces charmantes bestioles se déplacent elles forment alors les colonnes de fourmis qui sont devenus légendaires depuis leur exploitation cinématographique. Mais lorsque qu'elles chassent, elles se dispersent et envahissent une zone donnée, dans laquelle on en trouve absolument partout: sur les arbres, sur leurs feuilles, sous les racines, elles se laissent même tomber sur tout ce qui peut leur paraître comestible. Et je suis au milieu !
Aussitôt comprise ma situation, je me mets à courir jusqu'à rejoindre puis dépasser le chef qui rigole de plus en plus fort. Immédiatement après, je suis entièrement nu et extrait une à une ces charmants nettoyeurs de la forêt. Enfin charitable, mon guide se décide à m'aider. Nous secouons mes vêtements, nous inspectons les chaussures, nous examinons, tels les chimpanzé moyen mes cheveux. Une fois débarrassés de mes hôtes, je me rhabille, et nous reprenons notre chasse.
Jean-Marie ne peut cesser de rigoler, à tel point qu'il en allume même une cigarette, qu'il fûme tranquillement en me faisant remarquer que cela à deux fonctions: la première est de détecter le sens du vent, la deuxième d'éloigner tous les animaux sous le vent dans un rayon de plusieurs centaines de mètres.
Cela tombe bien, le vent emporte l'odeur de la cigarette dans la direction ou nous nous rendons. Cela fait sourire mon guide, qui me répond que nous n'aurons qu'à marcher un peu plus loin pour trouver d'autres animaux. Il est vrai que le pays est tellement grand, on a du mal à s'y habituer. Rien que le permis d'exploitation du chantier forestier, la Compagnie Equatoriale du Bois, fait 400000 hectares. Et dessus se trouve une dizaine de villages, soit 300 personnes en tout . Sur ces considérations philosophiques, je vois que mon instructeur en broussologie jette son mégot pour tremper les doigts avec délectation dans un énorme crottin déléphant frais; il est très récent. Il faut dire que Jean-Marie a chassé l' éléphant pendant des années et des années et que en 87 l'interdiction de leur chasse remonte seulement à 5 ans. Alors un phénomène curieux, que je constaterai de nombreuses fois par la suite se produit: tout le reste est oublié, les cochons, les singes, les antilopes, et nous partons quasi au pas de course sur la trace des éléphants. Je trouve que nous sommes particulièrement bien armées en cas de problème puisque en effet nous possédons deux arcs , douze flèches, et un couteau Suisse. Peut-être espère-t'il leur offrir une bière si ils sont en colère! Heureusement, ce jour là, nous ne les retrouverons pas.
Au bout de deux heures de poursuite nous nous apercevons qu'ils se maintiennent sous notre vent. Cela veut dire qu'il nous ont repéré. Inutile dans ces conditions de continuer la poursuite, nous décidons de faire demi-tour. Notre attention se relâche bien évidemment et nous nous mettons à parler à voix haute ce qui, en fait, me met mal à l'aise, car je ne me suis toujours pas décidé entre le vouvoiment et le tutoiment. Nous marchons désormais sans précaution et faisons pas mal de bruit. Je pense ma chasse finie lorsque un cri strident nous parvient: le cri du cochon que l'on égorge. Jean-Marie s'immobilise aussitot , écoute attentivement et me dit: "c'est probablement un cochon qui vient de se faire ramasser par une panthère!" je trouve cette nouvelle très intéressante mais serais d'avis de laisser le gros chat manger son cochon tranquillement et de passer notre chemin.
Évidemment mon guide, sans me demander mon opinion, fonce droit vers l'origine du bruit! Je ne suis pas franchement à l'aise, j'ai chaud, j'ai soif, j'ai mal aux pieds, et j'en ai assez vu comme ça pour aujourd'hui. Autant chanter pour faire pleuvoir! Nous retrouvons une vieille piste de débardardage et progressons le long de celle-ci. Le vent est en notre faveur, nous avançons tout doucement . Nous avons la certitude que les animaux ne peuvent nous sentir. Jean-Marie me chuchote que les cochons doivent se trouver dans la rivière en contrebas, et cela à l'air de lui faire un immense plaisir. Personnellement je me demande surtout où se trouve la panthère lorsque mon guide s'arrète brutalement. Ne l'ayant pas vu, je bute dans son dos et me penche sur le côté pour regarder ce qu'il observe: Un joli potamochère juvénile est là, tranquillement, en train de manger .Nous reculons et faisons quelques mètres pour nous préparer , poser les affaires encombrantes et le chef sort sa petite trousse à maquillage de campagne . Après nous être ramboïsés copieusement, nous prenons nos arcs et avançons, tels les indiens moyens, dans la jungle. Les décharges d'adrénaline que je ressens me font trembler de plus en plus, lorsque soudain tout s'accélère: un cochon débouche à cinq mètres devant moi, je veux armer mon arc mais je tremble des pieds à la tête et lorsque ma main qui tire la corde touche le coin de ma bouche, le tremblement est si violent que la flèche tombe de l'arc. Je reste là, planté comme un abruti qui serait sorti en chemisette par moins quinze degrés, lorsque, sur ma droite, Jean-Marie avance, arme son longbow Greenhorn, et flèche un beau cochon. Le blessé hurle à mort, semant l'inquiétude parmi les autres membres de la bande. Mais ces animaux sont peut pressés par le braconnage, et les gesticulations bruyantes de l'agonisant ne les inquiètent pas. J'ai le temps de ramasser ma flèche, de la remettre sur l'arc, toujours tremblant et de choisir une autre cible. Avant que je puisse tirer, un tourbillon de vent amène notre odeur aux potamochères, qui s'ègayent dans toutes les directions.Je réalise soudain, une fois le tumulte apaisé, l'humidité , la moiteur, l'odeur violente d'humus en décomposition, cette impression de se retrouver au commencement du monde.
Nous nous posons, et attaquons gaillardement, enfin, surtout Jean-Marie, les canettes de bière, ainsi qu'un peu de pain avec les sardines à l'huile. Nous fumons tranquillement une cigarette en devisant, anxieux de savoir si nous allons retrouver le cochon, ou si un quelconque prédateur va s'en occuper avant nous. Une fois passée la traditionnelle demi- heure d'attente, nous nous remettons debout et commençons le pistage . Très rapidement nous trouvons une tâche de sang sur une feuille, suivie d'une autre un peu plus loin, et ainsi de suite pendant quelques dizaine de mètres. Cette première expérience de pistage au sang est très intéressante pour moi, elle a en plus la grande vertu de me faire oublier ma déconvenue.
Petit à petit, je réussi à ne concentrer sur le travail de pistage, la boule que je trainais dans mon estomac depuis la disparition des potamochère s'estompe, et les tremblements qui me secouaient ne sont plus qu'un souvenir. Depuis quelques temps mon pisteur semble avoir des difficultés à trouver d'autres traces du blessé; effectivement plus aucune goutte de sang ne tâche le sol. Le doute s'installe en nous: aurait il été blessé superficiellement, et la plaie se serait- elle refermée? Nous commençons à cercler autour de la dernière goutte visible. Petit à petit nous élargissons le cercle écrasant des petits arbustes, regardant dans les rares fourrés, essayant de déméler sa piste parmi toutes les autres de la bande. Après quelques instants de cette gymnastique, nous retrouvons une goutte de sang, et reprenons le cercle de recherche.
Cette fois, lorsque nous retrouvons la piste, les gouttes de sang sont beaucoup plus grosses et au bout de quelques dizaines de mètres, nous suivons un véritable filet de sang. Tout d'un coup, Jean-Marie se penche dans un fourré, pose son arc et son sac, avance a quatre pattes, le couteau à la main, je ne vois plus que son postérieur et les semelles de ses chaussures. Je me doute que ce qu'il a trouvé est intéressant, et je m'approche pour l'aider lorsque soudain il se recule, en tenant triomphalement les postérieurs de son cochon. Un grand sourire de satisfaction illumine son visage, mais il s'assombrit rapidement au fur et à mesure que le chef réalise le poids du bestiau.
Cela devient même un problème primordial lorsque, en le soulevant pour le vider, nous devons nous y mettre a deux pour y arriver. Nous sortons les appareils photos et réalisons les traditionnelles prises de vues pour immortaliser l'événement, puis nous vidons le cochon, coupons une branche, et enfilons celle-ci entre les pattes de la bestiole selon une technique largement diffusée par Hollywood. Le retour sera une longue suite de glissades, de jurons, de franche rigolade aussi parfois, jusqu'à ce que nous retrouvions enfin notre cher vieille automobile, toujours aussi déglinguée mais tellement synonyme de repos, , et d'eau fraiche, puisque personnellement je refuse de boire l'eau des nombreux ruisseaux rencontrés au cours de notre chasse.
C'était la première fois que j'allais chasser à l'arc, et je dois dire que cette fois-ci restera probablement gravée a jamais dans ma mémoire, ainsi que toutes les impressions et toutes les odeurs ressenties ce jour là.
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#Posté le samedi 14 juillet 2007 11:36

LA PLUS BELLE DES JOURNEES

La plus belle des journées

Dimanche trois mars 1996.Une semaine déjà que, tous les jours, je cours la brousse Gabonaise à la recherche du trophée qui couronnera ce séjour, à moins que ce ne soit tout simplement le plaisir de marcher dans cette magnifique forêt aux senteurs si puissantes. Depuis le début, le séjour à été plutôt fructueux coté émotions et chasses, même si j'ai eu tendance à prendre les choses du coté le plus tranquille, histoire de profiter au maximum de mes vacances. Aujourd'hui nous pouvons enfin partir avec mon hôte, car jusqu'ici je n'ai chassé qu'avec des Africains, dans un coin que les locaux ne fréquentent pas trop du fait de la grande concentration de grosses bêtes qui s'y rencontrent.
J'ai mis mon réveil à cinq heures et demi, comme tous les jours,mais du fait que je pressent une grande journèe, je commence en me préparant mon mélange « spécial chasse ». Pour mémoire je cite la recette: une mesure de « Isostar » plus un comprimé de « Sargénor » dans un trés grand verre d'eau, et tu es prêt pour galoper tout le jour. Aprés un petit déjeuner assez léger, café et pain décongelé, une ou deux bananes de brousse, les petites, les plus goûteuses et en route pour de nouvelles aventures.
Aprés une bonne tranche de piste bien défoncée, les choses sérieuses commencent enfin, peu aprés l'aube! Comme d'habitude, le chef descends, attrape sa machette et son arc, embraye sa premiére surmultipliée, et fonce tête baissée, sans se retourner pour évaluer si l'intendance suit. Justement, l'intendance, elle est empétrée dans les trois mille cinq cents gadgets que j'amène toujours en brousse et sans lesquels je me sens tout nu; de plus, je dois bander mon arc et recaler toutes mes flèches, secouées par les quatre-vingts kilomètres de piste. Finalement, un petit sprint me ramène à sa hauteur et nous entamons notre progression de concert, celle qui fait rigoler tous les singes de la forêt: le grand sec aux yeux fermés qui survole les obstacles de ses grandes jambes de sept lieues, collé de prés par le petit gros qui mouline en se payant toutes les racines et les flaques d'eau. Mais, bon, ça avance quand même, et aprés tout c'est cela l'important. La piste que nous suivons vient d'être revue et corrigée par plusieurs troupeaux d'éléphants, les bords en sont envégétés de ces espèces de grandes feuilles que les mémères citadines essayent de faire pousser dans leurs appartements,et qui sont extrèmements bruyantes quand on passe dedans. Le choix est donc cornélien: où nous passons sur la piste , on se tord les pieds à qui mieux-mieux, où on rentre en brousse et alors autant se faire prècéder par une fanfare et des majorettes. Finalement, le chef décide de couper court en s'enfonçant un peu sous la voute des arbres pour tenter un coup d'appel. Nous nous positionnons presque sans un geste, avec cette automatisme des gens habitués à cet exercice, et au cinquième essai je finis par trouver la place que JM me désignait depuis le début, juste avant qu'il n'explose de colère. J'ai à peine le temps de mettre mon masque que déjà les couinements désespérés de l'antilope blessée font taire tous les autres animaux. Les stridulations de mon guide n'ont que trés peu d'effet sur la faune locale, et au bout de peu de temps, nous changeons d'endroit.
. Quelques centaines de mètres plus loin, nous recommençons le même manège. Cette fois, la douce voix du grand type titille la compassion d'une antilope qui vient voir le quoi du comment t-est-ce. De ma place, je ne peux qu'entendre le staccato de ses sabots et le froissement des feuilles qu'elle déplace dans sa progression. Je suis l'action aux mouvement de mon partenaire. Soudain, plus un bruit. Jean-Marie lève son arc, l'arme, attend un peu et décoche brusquement. Le bruit sourd annonce que la flèche est arrivée à bon port, il est immédiatement suivit par un rapide galop qui s'arrète aussitôt, à portée de voix. Nous nous rapprochons et fumons la cigarette qui va donner à la bestiole le temps de se vider. Ce délai écoulé, nous recherchons, et retrouvons, la flèche. Comme nous sommes prés de la voiture, nous marquons la piste, et en route .
.
En descendant le lit d'un ruisseau à moitié vide pour cause de saison sèche, nous rencontrons une bande de pintades. Elles ne nous ont pas vu, et j'essaye de me mettre en position de tir. Enfin, aprés de nombreuses contorsions, je parviens à aligner à la fois une trouée dans la couverture végétale qui ombrage le rio, ma flèche, et une pintade posée sur une branche. J'arme, je me concentre, elle doit être à peu prés à vingt mètres verticaux, et je décoche dés que je suis dedans en esprit. Naturellement, c'est l'instant que choisit cette idiote, jusque là passive, pourse déplacer. La fléche troue la place où elle se trouvait quelques dixiémes de secondes auparavant,et l'abrutie reprend aussitôt sa position pour déguster sa trouvaille sans bouger. Ecoeuré de tant de chance nonchalante, je renonce à la tirer une deuxième fois et nous reprenons notre progression. Laquelle nous mène d'arbre en arbres et de liane en liane jusqu'à un coin de la forêt où nous décidons de faire demi-tour. Comme d'habitude, je suis complètement perdu.. Enfin, bon, le chef à l'air de pouvoir me faire encore un peu d'usage, qu'il tienne au moins jusqu'a la voiture!
Nous marchons donc de nouveau, mais cette fois en direction de retour , ce qui ne fait aucune différence dans ce pays où le soleil est soit caché par les arbres, soit vertical. Soudain, Jean-Marie s'immobilise, et comme je ne fais pas attention, je manque lui rentrer dans le lard. Il regarde avec insistance un marigot sec en contrebas, dans lequel l'eau à été remplacée par de l'herbe bien tendre sur de grandes surfaces. Lesquelles sont entrecoupées de bosquets qui peuvent cacher bien des bestioles. Le bruit qui à attiré l'attention de mon guide se confirme, aussi nous décidons d'aller dire bonjour à son auteur. Nous prenons soignausement le vent et entamons une progression extrèmement prudente, regardant à chaque pas ce qui peut se cacher derrière les arbres qui nous entourent. Personnellement, j'évalue surtout la possibilité de grimper sur lesdits arbres car je me doute du gibier que nous allons trouver dans un biotope semblable. Les minutes s'étirent interminablement, et nous avançons toujours, à la vitesse d'un escargot rhumatisant. Le dieu local du vent nous a à la bonne car sa production ne dévie pas d'un poil, ce qui nous permet de nous rapprocher insensiblement de la source du bruit. Soudain, JM s'immobilise et me désigne la masse rousse d'un buffle, que l'on peut apercevoir au travers d'un boqueteau d'arbre d'un diamètre que je juge illico parfait: suffisament gros pour constituer un rempart fiable, pas assez pour limiter leur ascencion. Le grand à dû faire le même calcul que moi, car il prend bien garde de laisser les arbres entre le buffle et nous. Encore quelques unes de ces minutes passionantes qui durent des siècles, et nous voilà dans le boqueteau, en train d'observer la bestiole qui ne se doute de rien, et qui, de plus se rapproche de nous en broutant. Se pose alors la question cruciale: va-t'on tenter de le tirer? Quand JM me la pose à voix trés basse, je ne suis pas du tout chaud car je vois les choses de la manière suivante: je veux bien prendre le risque de lui décocher une flèche, mais à la condition qu'il se présent de trois quart arriére et que je puisse tirer tout prés de mes arbres-refuges. Or, il nous fait face depuis un bon moment, en continuant d'ailleurs de se rapprocher. Si on veut tirer valablement, il va falloir avancer à découvert et là, je n'ai vraiment pas envie. Nous restons donc plantés contre nos arbres encore quelques instants, éspérant qu'il va avancer suffisamment pour nous présenter au moins un profil convenable. C'est alors qu'il se trouve à une dizaine de mètres de nous que le vent nous joue un tour à sa façon en lui faisant renifler notre odeur de blanc-crados. Le résultat est instantanné et aussi spectaculaire que si on lui avait shooté dans la gueule, il fait un bond en arrière et disparaît dans les arbres! Abasourdis par ce que nous venons de vivre, nous restons encore quelques temps à déguster l'ambiance du lieu avant de nous remettre en route.
Aprés pas mal de zigs et de zags, la piste de débardage où se trouve l'antilope de Jean-Marie nous coupe l'élan. Nous nous y engageons résolument, persuadés d'être quasiment à la voiture. Va te faire voir, à peine quelques centaines de mètres au compteur plus loin un grognement de colère nous bloque net-net, certainement un gorille. Le chef ayant dèjà eu maille à partir avec ces zozos auparavant, on se pose au bord de la piste et on attend qu'ils veuillent bien se déplacer. Manque de bol, les camphriers qu'ils dégustent paraissent tout à fait à leur goût,et ils ne bougent pas d'un poil. Et dés que nous, nous bougeons une oreille, le vieux mâle grogne trés méchamment. J'ai déjà vécu des situations plus confortables!
Enfin, tout ce beau monde se décide à quitter l'endroit et nous sautons sur l'occasion pour traverser la zone dangeureuse le plus rapidement possible, Jean-Marie serrant sa machette prète à jaillir, tel le Bayard de la jungle. Finalement, rien ne se passe, et nous rejoignons l'endroit où est censée se trouver l'antilope. Aprés quelques recherches pour identifier nos coupes avec certitude, nous reprenons la piste là où nous l'avions laissée. A peine avons-nous avancé de quinze mètres, que mon guide s'immobilise dans le bruit des feuilles et me désigne une masse sombre à vingt mètres à notre gauche, complétement à découvert: un éléphant est planté là, en train de dormir! Mais notre arrivée bruyante l'a alerté, et lorsqu'il ouvre les yeux il ne peut manquer de nous apercevoir malgré sa pauvre acuité visuelle. Aussitôt, c'est la débandade et il pique un sprint à travers la brousse, renversant tout sur son passage. Cette rencontre inattendue à néanmoins été trop brève pour que j'ai peur et nous reprenons le pistage, encore sous le charme de cette vision. Quelques mètres de plus, et la bestiole nous part dans les pattes pour aller se planquer dans les contreforts d'un okoumé.
! Afin de ne pas l'effrayer davantage, je décide de me retirer et de laisser Jean-Marie l'approcher seul. Ce dernier se met à avancer tellement doucement, que ne participant pas à l'action , j'ai l'impression qu'il ne bouge pas. Enfin, Je ne le vois plus pendant un instant, mais au bout de peu, j'entends le bruit de la décoche d'une flèche de grâce, immédiatement suivit par celui de l'arrivée contre un os, ce qui me fait penser que la bête est morte, achevée à bout portant . Nous la vidons et finissons de rejoindre le parking. Comme d'habitude, l'arrivée à la voiture me fait extrèmement plaisir car cela signifie que je vais enfin pouvoir boire, ce que je n'ai pas fait depuis au moins quatre heures, lorsque nous avans rencontré la dernière liane bar-tabac.
D'un commun accord, il est décidé de prolonger cette super-journée par une visite au marigot surnommé « La piscine » du fait de sa propension à acceuillir des éléphants. Aprés un bout de piste, nous nous engageons dans les colline savaneuses qui l'entourent. Arrivé en haut de la plus proche d'entre elles nous constatons avec joie que, primo, personne d'autre ne se trouve occupé à mater les pachydermes, nous ne serons pas emmerdés comme le dimanche précédent, et que, secundo, un gros pepère fait trempette dans le marigot. Et comme la chance à décidé de nous avoir à la bonne aujourd'hui, le vent est favorable. Nous empoignons nos appareils photos téléobjectivés, et nous fonçons vers le spectacle offert par la nature. Efin, le chef fonce, et moi je suis en pestant contre sa manie de courir sans cesse. Surtout que là, ce n'est plus une approche, mais des retrouvailles que nous jouons! pour faire les choses complètement dans l'esprit, arrivés à quelques mètres du bord de la mare, c'est à dire à vingt cinq mètres de notre gros pote, nous nous mettons à chercher le meilleur angle de prises de vues en fonction du vent et de la lumière, prenons quelques photos, et le type finit par s'en aller. Aussi, je donne le signal du retour. Nous passons à proximité d'une vipére en train de traverser. Aussitôt, je saute de la voiture, empoigne mon arc, et pars la tirer. ma première flèche la cloue au sol à cinq mètres, et une deux...non, troisi....non, quatri...toujours pas, cinquième flèche lui règle son compte. Je coupe la tête à la machette, et cette saleté veut encore mordre le métal de la lame!
Fier comme le gérant de bar-tabac du proverbe, je charge mon trophée à moi dans l'auto du blanc, et cette fois nous finissons de rentrer, Jean-Marie endormi sur son siège.
Avec le recul je peux le dire, cette journée est incontestablement la plus belle des journées de brousse que j'ai vécu


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#Posté le samedi 14 juillet 2007 11:33

LA FABRICATION DES FLECHES DE CHASSE





















LES FLECHES DE CHASSE

Au travers d'un série d'articles , nous allons étudier la manière de concevoir, monter, tirer et entretenir des flèches de chasse. En effet, une flèche de chasse n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais une flèche utilisée pour le tir en campagne ou pour l'entraînement et sur laquelle on visse rapidement un lame . Comme postulat de départ, nous déclarons qu'il est inadmissible de tirer autre chose, sur un animal quelconque, que des flèches neuves, n'ayant pas volé plus que les trois ou quatre fois nécessaires à les tester, et sélectionnées pour la qualité de leur vol avec une lame de chasse . Qu'il soit admis que, autant pour des raisons éthiques que pratiques, afin de mettre de notre coté le maximum de chances, nos flèches de chasse doivent être aussi proches que possible de la perfection.

RAPPELS : Comment agit une flèche de chasse .

Si l'on excepte les méthodes purement alimentaires que sont le piégeage et l'empoisonnement, le chasseur n'a que deux moyens pour tuer sa proie à distance: faire appel à l'effet de choc ou bien la tuer par hémorragie après l'avoir percée à l'aide d'un objet idoine. Dans la première catégorie on inclura les pierres des frondes et les bâtons à tuer. Dans la deuxième on mettra les lances, javelines, épieus, couteaux, dagues et flèches. Enfin une catégorie bâtarde faisant appel aux deux effets comprendra les balles de carabine et le plombs de chasse.
Donc, nos flèches destinées au grand gibier tuent par hémorragie, et nous devons être certains de leur capacité à le faire.
Pour cela il nous faudra les monter à l'aide de

- Lames de chasse au tranchant irréprochable capables de pénétrer les enveloppes extérieures du gibier, peau et os. Puis de conserver ensuite un tranchant suffisant pour sectionner proprement les artères et veines rencontrées, afin d'assurer à l'animal une mort rapide et sans douleur.
- Fûts les plus rigides possibles pour pousser la lame bien dans l'axe après l'impact. Moins le fût se déforme à l'impact, absorbant ainsi une énergie considérable et plus il reste de l'énergie cinétique pour faire pénétrer la flèche.
- Empennages silencieux, indifférents aux conditions météo, procurant à la flèche une excellent stabilisation même avec une décoche médiocre.
- Encoches solides et bien visibles, facile à aligner pour une trajectoire rectiligne, procurant en outre une bonne tenue de la flèche sur la corde pendant l'approche.



Enfin, d'un point de vue légal, rappelons qu'en France, les flèches de chasse doivent peser au minimum 30 Grammes, et les lames avoir des dimensions minimales de coupe de : 25 mm de largeur, 40 mm de longueur de coupe
Voyons en détails chacun de ces points fondamentaux :




A/ LE CHOIX DES FUTS

Actuellement, trois matériaux sont disponibles sur le marché. Tous les trois permettent de réaliser des flèches précises, belles et efficaces. Il est normal, et même souhaitable de changer parfois de matériau afin d'améliorer ses performances. Néanmoins, quelques soient les raisons de son choix, qui est une affaire personnelle, une évidence s'impose à tous les archers d'expérience : une fois que l'on a choisi un matériau, et pendant toute la saison de chasse, il est indispensable de tirer le même type de fût à l'entraînement sur cible et à la chasse. Ceci bien sûr afin de stabiliser ses performances.

Passons en revue les différents types de fûts











1/ Le bois.

C'est le matériau de base des archers traditionalistes, tireurs de longbow ou de recurve. C'est la matière la plus adaptée aux longbows par sa capacité à s'accommoder du paradoxe de l'archer lors de l'utilisation d'arc sans fenêtre de tir, ou avec une fenêtre réduite. C'est néanmoins un matériau qui peut-être tiré par tous le types d'arc, y compris les compounds, comme cela se fait beaucoup en Australie.
Sur le plan des avantages, il s'agit d'un produit léger, rigide, bon marché, ce qui est intéressant pour ceux qui tirent beaucoup de petit gibier. Il est actuellement, après une période ou l'on a pu craindre une pénurie, disponible en grandes quantités dans une variété importante d'essences.
Néanmoins, l'ère du règne sans partage du cèdre est terminée, au grand dam de ceux pour qui la fabrication des flèches en bois était inséparable de l'odeur entêtante de ce bois
. Désormais, sous la pression des groupes de protection de la nature, l'abattage de cette essence est contrôlée, ce qui a entraîné l'apparition de fûts réalisés dans une multitude d'espèces différentes. Là encore, étant donné les différences de réaction et de poids spécifique propre à chaque essence, une fois choisi son arbre, il faut tirer des flèches d'entraînement de même essence que les flèches de chasse.
En ce qui concerne ses inconvénients, le bois reste avant tout un matériau fragile au choc et qui demande un long travail de préparation .
Par exemple, dans le pire des cas, après un choc latéral, les fibres internes peuvent très bien être dissociées sans que cela paraisse. Lors de la décoche suivante, le fut peut se sectionner brutalement et percer l'avant bras du tireur. De plus, il présente une fâcheuse propension à faire des éclats lors de sa fracture. Ce comportement fait que pour des raisons éthiques, il conviendra de limiter son emploi sur du gros gibier en raison des risques d'infection secondaire que pourrait provoquer un blessure bénigne mais dans laquelle serait restée une écharde.
D'autre part, le bois est extrêmement sensible à l'humidité, ce qui rend nécessaire un traitement des fûts avant toute utilisation à l'extérieur : lasure, vernis, peinture, les artistes pourront s'exprimer selon leur sensibilité.
Enfin, étant un produit vivant auquel les normes de production industrielles sont étrangères, pour un même diamètre de fût dans une même essence et traité de la même manière, des différences de poids et de spine importants pourront être constatés, surtout parmi les nouvelles essences proposées. La seule manière de palier cet inconvénient est fabriquer toutes ses flèches en début de saison, puis de tirer chaque flèche terminée c'est à dire poncée, vernie, peinte, et lame de chasse en place. On éliminera alors impitoyablement celles dont la trajectoire diverge le plus.




2/ L'ALUMINIUM

C'est le plus classique des matériaux utilisés. Fabriqué industriellement selon des normes strictes, ses réactions sont constantes et prévisibles. Les dimensions des tubes s'expriment en centièmes de pouce pour l'épaisseur du métal et en fractions de pouce pour le diamètre du tube.
Le premier chiffre indique le diamètre, le deuxième l 'épaisseur. Par exemple un tube de 2219 à un diamètre de 22/64 de pouce et une épaisseur de métal sur ses parois de 19 centièmes de pouce. C'est un matériau assez léger, insensible aux conditions atmosphériques, et dont la production se décline en tellement de tubes différents qu'il est impossible de ne pas trouver parmi celle-ci de tube adapté à son arc, ses lames et son type de décoche.
Avec l'aluminium, il n'est plus besoin de fabriquer toutes ses flèches en début de saison, la constance de la production fait que l'on est sûr de retrouver les mêmes qualités sur des fûts de même marque et de mêmes caractéristiques.
C'est par contre un matériau mou, qui se déforme sur un impact latéral, se marque, et perd de ses qualités au fur et à mesure des tirs. Cette mollesse fait aussi qu'il absorbe, en se déformant lors de l'impact, une grande partie de l'énergie cinétique véhiculée par la flèche, réduisant ainsi la pénétration.
Cette dernière caractéristique fait que concrètement, on doit tirer des flèches plus lourdes propulsées par des arcs plus puissants lorsqu'on utilise de l'aluminium que des matériaux plus modernes et plus rigides. Il casse par contre proprement dans le corps d'un animal et ne provoque pas de blessure vicieuse




3/ LE CARBONE




C'est le plus récent des matériaux disponibles pour fabriquer des flèches de chasse. Pour des raisons sur lesquelles nous devons revenir, il a longtemps été déconsidéré comme matériau pour cet usage.
En effet, si l'on se replace dans une perspective historique, les premiers tubes carbones ont été produits par une firme française( cocorico) installé dans la banlieue de Lyon, Beman. Ils étaient alors, comme la majorité de ceux d'aujourd'hui, fabriqués selon la technique du noyage de faisceaux de fibres longitudinaux dans de la résine. Extrêmement rigides, ces tubes furent très vite reconnus comme largement supérieur à l'aluminium par de nombreux archers. Par contre, si dans la plupart des situations ils étaient indestructibles, un violent choc latéral pouvait désolidariser les fibres et transformer le fût en un amas mollasse de brins de carbone tranchants. Cet inconvénient, mineur au demeurant, fut amplifié et déformé par des rumeurs venues on ne sait d'ou et attribuant au carbone des propriétés létales, toxiques, ridiculement dangereuses. A cette époque, les géants américains de la production de fûts alu vacillaient sur leur bases devant les attaques du petit frenchie aux bonnes idées.
Et puis le temps à passé, Easton à racheté Beman, que tout le monde croit désormais américain, et les rumeurs ont cessé. Peut-être les fûts Beman produits aux USA sont-ils plus performants que ceux fabriqués en France ? Toujours est-il que les fûts carbones sont toujours frappés d'infamie au sein de la communauté des chasseurs à l'arc depuis ce temps lointain d'une guerre commerciale dont nous ne fûmes que les acteurs passifs. Et cela est bien dommage, car s'il est un matériau que l'on peut qualifier d'idéal pour fabriquer de flèches de chasse, c'est bien le carbone.
Fantastiquement rigide, il résiste à tous les chocs frontaux avec une bonne volonté stupéfiante. Cette caractéristique lui permet en outre d'être tiré par tous les arcs sans variation importante de diamètre ou d'épaisseur ;
Fini le casse tête de la foultitude de diamètres et de références de tubes. Pour la plupart des fabricants, trois références suffisent : de 20 à 60 livres, de 40 à 80 livres, de 60 à 100 livres par exemple et basta ; plus besoin d'avoir un jeu de flèche par arc, ou pire encore, un jeu de flèches par jeu de branche pour les possesseurs de recurve démontables. De plus, cette rigidité augmente considérablement le pouvoir de pénétration des flèches, car avec le carbone toute l'énergie cinétique véhiculé par la flèche est restituée à la pointe de la lame de chasse au moment de l'impact.
Il suffit de visionner des vidéos de chasse pour constater l'efficacité de ces fûts, tirés par des arcs relativement légers ( 55 livres compound), sur des grands gibiers africain. Ces fûts se tirent parfaitement avec des recurves, auprès desquels ils sont de plus en plus populaires.
Ils sont par contre onéreux, bien que l'on trouve en VPC aux USA des tubes carbones au prix de l'aluminium ( Cabela's) . A mes yeux, leur principal inconvénient pour nous autres grands chasseurs de ragondins est qu'ils ne flottent pas.
Enfin les dernières génération de fûts carbone sont constituées d'un noyau de fibres longitudinales entouré de fibres enroulées en nappes croisées, rendant les flèches encore plus solides et autorisant des fractures franches.
En résumé, vous aurez compris que , pour moi, le carbone est le matériau idéal pour faire des flèches de chasse....à la condition d'oublier les ragondins, canards et autres poule d'eau. Il ne serait pas étonnant que dans les années à venir la suprématie de ce matériau va lui faire supplanter totalement l'aluminium.

4/ COMMENT CHOISIR

Rien ne remplacera jamais le plaisir de monter ses propres flèches en bois. L'odeur du cèdre fraîchement coupé, si vous avez choisi du cèdre, le plaisir de poncer les fûts, de les vernir, de les peindre et de les décorer. Parfois on arrive à un tel niveau de décoration que l'on éprouve de remords à tirer ces ½uvres d'art.
Dans tous les cas, une fois décidé pour des flèches bois, vous devez commander quelques fûts, au moins cinq pour disposer d'un échantillon représentatif du comportement de l 'ensemble du lot. Le premier choix se fait simplement en fonction de la puissance de l'arc ; Les distributeurs vont vous proposer des fûts spinés à 55-60 livres, 60-65livres, etc....En fonction de la puissance de votre arc, commandez cinq au dessus, cinq au spine et cinq en dessous du spine.
Attention, les spines sont donnés pour une allonge de 28 pouces. Si vous n'êtes pas pile à l'allonge courante, une méthode de calcul rapide consiste à prendre son allonge et à ajouter ou retrancher 7,5 livres par pouce en plus ou en moins.
Exemple : Vous tirez un arc donné pour 50 livres, lui aussi à 28 pouces. Votre allonge est de 26 pouces. Vous tirez en réalité , selon les arcs( à vérifier impérativement) entre 43 et 47 livres. Si vous êtes à 45 livres, vous devez prendre des fûts spinés pour ...30livres (30 + 7,5 + 7,5). L'affaire se corse si vous tirez 30 pouces avec un arc de 60 livres, vous choisirez alors des fûts de 60 + 15 : 75 livres, qui sont assez difficiles à trouver.
A la réception de vos fûts, la première des choses à faire est de peser les fûts avec une balance de précision pour vérifier que les écarts de poids restent faibles. Si ils sont trop importants, changez d'essence. Profitez en pour mesurer également les diamètres et vérifier leur régularité ;
En cas d'usinages trop aléatoires, changez de fournisseur .
Puis vous choisissez la décoration et les matériaux que vous allez utiliser. En effet, les vernis et autres peintures ajoutent ou retranchent de la rigidité aux fûts bois, il est donc important de choisir une déco, puis de l'appliquer à tous les fûts achetés de la même manière afin de ne faire varier que le spin
Pensez à repérer les différents fûts.
Montez une encoche comme indiqué au chapitre idoine. Coupez le fût à sa longueur d'usage, ceci est très important, une différence de longueur de quelques cm pouvant changer totalement le vol de la flèche. Montez une pointe de tir, field ou ogive, du même poids que vos lames de chasse. Si vous avez choisi d'utiliser des outserts à vis ( montage assez lourd), montez les .
N'empennez pas vos flèches, cette omission est très importante.
Vérifiez les réglages de votre arc, puis tirez sur une cible molle, genre rouleau de paille, ou plaque d'ethafoam suspendue (je reviendrai un jour sur ce problème des cibles) à faible distance, dans de très bonnes conditions d'éclairage et à pleine allonge.
Observez le vol de vos flèches (attention à ne pas trop vous concentrer sur le vol, au risque d'oublier la décoche !!!!) ou mieux, faites le observer par un pote. Dés que vous avez trouvé un spine qui groupe bien, qui vole bien, et qui se plante droit dans la cible, gardez le. Au passage l'intérêt de tirer dans une cible molle est que les flèches qui vont arriver de travers ne s'y casseront pas.
Ou moins.
Si aucune des spine testés ne vole correctement, montez en spine et/ou descendez jusqu'à trouver la bonne combinaison .
Si rien ne vole, changez d'essence.
Si vous ne trouvez rien qui convienne, remettez en question votre décoche, tenue d'arc etc...nous sortons du cadre de cet article.
Vous avez trouvé un spine qui vous convient dans une essence qui vous plaît, maintenant nous allons augmenter la difficulté et essayer les fûts choisis avec les lames de chasse que vous voulez utiliser, toujours sans empennage.
Sur ce coup là, vous avez droit à l'erreur, et vous pouvez tolérer un vol imparfait. Mais attention, pas de zigzag d'ivrogne. Si cela vous semble acceptable, empennez trois flèches et essayez. Si ça vole droit et bien, vous avez gagné le gros lot, et le droit de commander immédiatement et sans délai le nombre de fûts qui vous permettront de passer la saison. Pourquoi si vite ? pour avoir des fûts taillés le plus possible dans le même arbre, au même moment, et séchés dans les mêmes conditions.


Une fois ce processus de sélection terminé , divisez vos flèches en deux groupes selon votre programme :les flèches munies de lames de chasse et qui ne devront être tirées que deux ou trois fois dans une cible ad hoc pour vérifier leur capacités de vol, puis affûtées et stockées avec précautions c'est à dire à plat et au sec.
Et les flèches d'entraînement, de préférence munies de lames de chasse matées, les flèches de tir cible, les blunt à petit gibier etc...Toutes ces flèches ne peuvent être tirees en confiance qu'avec l'arc ayant servi à la sélection, et lui seul. Si vous changez d'arc, recommencez à zéro.
Vous noterez trois choses :
Primo, et c'est le point le plus important, le seul que vous devez retenir si vous ne devez en retenir qu'un seul : le choix de tous vos fûts est déterminé par le vol d'un fût muni de la lame de chasse que vous avez choisi d'utiliser
Deuxio, ce processus de sélection qui paraît fastidieux est en réalité souvent très simple et rapide en fonction des conseils de votre fournisseur qui devrait vous aider à dégrossir votre choix (Par exemple demandez François à Centre Ouest Archerie au 05 46 45 20 34) .
Un facteur d'arc nommé Philippe Lapègue, de Phoebus archerie dans les landes, réalise des fûts en chêne, en frêne, en pin des Landes. Son expérience peut également être précieuse pour vous aider à faire un choix. Son Tel : 05 58 98 33 20
Enfin tertio les flèches destinées à la chasse ne servent qu'a chasser et ne sont tirées, une fois testées, que sur un gibier.

Il est hors de question de démonter au dernier moment ses pointes de tir de dessus ses vieux fûts(« Booh,de toute façon je vais les perdre ») pour visser à la place des lames juste achetées et jamais essayées.
Un peu de rigueur, bordel, et tout le monde s'en portera mieux !

Pour les fûts alu, les choses sont un peu plus simples ; les fabricants de tubes donnent des tables permettant de préchoisir ses tubes en fonction de la puissance de son arc, du type de son arc, recurve, longbow, compound, de son type de tir, de l'âge du capitaine et de la constante météorologicoglomérifugée antérieure.
La régularité de cette production permet d'éviter l'achat de plusieurs tubes de chaque diamètre, un seul suffit. Vous montez donc sur chaque tube (systématiquement NEUF) une encoche selon la méthode proposée, vous les coupez à la bonne longueur et vous les tirez sans empennage sur une cible molle. Vous choisissez le tube qui vole le mieux et vous y montez la lame de chasse choisie.
Si le vol est bon malgré la lame, vous pouvez noter les références de ce tube pour vos futures flèches. Si deux tubes volent bien dans les mêmes conditions, choisissez plutôt le plus lourd. Il pénétrera mieux dans le gibier, sera moins sensible au vent latéral, aux herbes et aux brindilles, et perdra moins de vitesse en bout de course. Vous pouvez attaquer le montage de vos flèches pour la saison. Les fûts choisis ne conviennent qu'à l'arc qui a servi à la sélection, à la rigueur à deux ou trois autres de puissance similaire, mais essayez d'abord.
Les flèches d'entraînement , là encore, ne serviront qu'à l'entraînement, de préférence avec des lames de chasse, les flèches de tir qu'au tir. A la rigueur, les flèches de pratique peuvent être munies d'un blunt et tirées sur du petit gibier . Elles ne doivent jamais être munies d'une lame de chasse, à fortiori non testée, et tirées sur du gros gibier. C'est un manquement inadmissible à l'éthique de notre sport .
Vous noterez encore trois choses :
Primo, et c'est le point le plus important, le seul que vous devez retenir si vous ne devez en retenir qu'un seul : le choix de tous vos fûts est déterminé par le vol d'un fût muni de la lame de chasse que vous avez choisi d'utiliser.
Deuxio, le processus de sélection est plus simple et facilité par les conseils de votre fournisseur.
Enfin tertio les flèches destinées à la chasse ne servent qu'a chasser et ne sont tirées, une fois testées, que sur un gibier.



J'ai l'air de me répéter ? je sais, mais faut que ça rentre, bon gu de bois !!!!

Si vous êtes tenté par le carbone, prenez juste les tubes qui correspondent à votre puissance d'arc. La longueur de la coupe influe peu, le type d'arc encore moins. Montez y une lame de chasse. Tirez la avec tous les arcs que vous utilisez habituellement, à la condition expresse qu'ils disposent d'une fenêtre d'arc suffisamment marquée pour que les tubes ne subissent que très peu de contraintes dues au paradoxe.
Longbow classiques s'abstenir.
Cela doit voler correctement, sinon cherchez plutôt du coté des réglages de vos arcs, de votre décoche, Etc....
Vous avez dit carbone ?
Les flèches d'entraînement , là encore, ne serviront qu'à l'entraînement, de préférence avec des lames de chasse, les flèches de tir qu'au tir.
Enfin les flèches destinées à la chasse ne servent qu'a chasser et ne sont tirées, une fois testées, que sur un gibier.
C'est bon, ça rentre ?






















5/ LE MONTAGE DES ENCOCHES

A/ LE CHOIX DES ENCOCHES



Le choix est assez limité dans les faits, et se traduira par une hésitation sur la couleur et sur la présence ou non d'une petite saillie sur le coté de l'encoche. Je conseille d'utiliser systématiquement cette saillie, qui permet de repérer la plume de coq dans la pénombre sans allumer de lampe ou de briquet et sans se tromper.
Ce détail peut faire gagner pas mal de temps à l'affût, aussi est-il important.
Le volume des encoches influe très peu sur le vol de la flèche, alors choisissez les solides, donc plutôt du type Bjork. Dans certains cas, l'encoche peut être taillée directement dans l'épaisseur d'un fût bois, mais alors des renforts adaptés doivent être prévus et montés, car une défaillance à ce niveau est au moins vexante, au pire dangereuse.















B/ LE MONTAGE DES ENCOCHES

Beaucoup plus que le type d'encoche, c'est leur montage qui est important pour assurer un vol correct à vos flèches.
Le principe de base est de les monter dans l'axe absolu de votre fût.
Le moindre décalage au montage, votre flèche démarre de travers et vos groupements se dispersent. Pour être sûr de votre montage, vous devez le contrôler à l'aide de l'accessoire représenté sur la photo.
Cet accessoire est absolument indispensable pour toutes les étapes du montage de vos flèches alors n'hésitez pas à vous le procurer, ou à le fabriquer . Certaines boites de mécano contiennent tout ce qu'il faut pour cela.

On pose la flèche sur les rouleaux et on vérifie
1/ que le flèche est droite,
2/ que la lame est centrée,
3/ que l'encoche est centrée. Pour l'encoche, il suffit de prendre un bloc de paraffine ou une bougie de forte taille et de faire des marques avec les bouts de l'encoche. Le cercle doit être parfait et unique.



Chronologiquement, cela donne :

1/ Dégraissez le cône en alu ou l'extrémité du tube carbone, ou taillez avec un taille fût de qualité le fût en bois.

2/ Encollez légèrement votre encoche et collez là en la faisant tourner pour trouver l'axe de la flèche.

3/ Tant que la colle est fraîche, vérifiez le centrage de l'encoche.

4/ Faites sécher votre fût verticalement sans que l'encoche ne touche quoi que ce soit.
5/ Vérifiez de nouveau après séchage de la colle.

Vous pouvez utiliser deux types de colles pour ce faire : les cyanoacrylates et la bonne vieille « Fletch-tite ». Les premières permettent de gagner du temps mais sont parfois trop rapides, la seconde permet de vraiment centrer l'encoche, mais demande un temps de séchage. Chacun fera son chois en fonction de ses habitudes, du temps dont il dispose, ou du lieu où il fait cela ( un tube de cyano est toujours bon à emmener avec soi pour recoller ce qui se décolle à la chasse) ;


Pour les fûts bois, pensez à monter les encoches de manière à ce que les fibres du fût soient dans le même axe que la corde.
Enfin, une encoche de qualité doit impérativement tenir la flèche sur le corde au cours de l'approche, à l'affût, pendant que vous jumelez. Cela peut parfois vous obliger à faire un deuxième tour de tranche-fil à l'emplacement de l'encoche.


6/ L'EMPENNAGE DES FLECHES :

En ce qui concerne l'empennage de nos flèches, nous devons garder à l'esprit une évidence : nous tirons des lames de chasse.
Ces lames ont pour caractéristique commune, dans un pays ou grâce à la clairvoyance de nos dirigeants les lames à ouverture mécanique sont interdites, de représenter une surface, de coupe au moment de l'impact, certes, mais surtout portante en cours de vol.
Pour contrer ce phénomène, nous n'avons pas d'autre choix que de monter des empennages de grande surface, minimum 10 cm de longueur, et triples. Et pour palier les inévitables erreurs de décoche (Ah, l'émotion du tir...) aux conséquences parfois spectaculaires, nous devons monter nos empennages hélicoïdaux.
A par cela, tout est permis.....
Nous disposons de deux matériaux pour empenner nos flèches :

Les vanes plastiques
Les plumes naturelles ;



Les vanes plastiques ont pour avantage leur insensibilité aux conditions météo, sauf par très grand froid, mais dans ce cas les doigts et le type sont gelés avant, leur prix modique, le silence de leur vol, la quantité de couleurs disponibles. Elles ont pour inconvénient leur poids et leur rigidité qui nous obligent à les tirer avec un repose flèche.
Les plumes naturelles ont les avantages inverses des précédentes :
Sensibilité aux conditions météo, tous ceux qui ont chassé des heures sous la pluie avec ce type d'empennage savent de quoi je veux parler. Il existe néanmoins des produits imperméabilisants (attention à leur odeur !!) et des protections amovibles individuelles en polarfleece. D'autre part elles sont plus chères que les vanes et le choix des coloris est plus limité.
En revanche elles sont plus légères et surtout, surtout, elles sont incontournables si vous avez décidé de tirer avec un tapis d'arc , ou simplement au longbow.

Comment choisir ?
Si vous avez décidé de tirer traditionnel, pas de problème, vous devez monter des plumes nat. Vous les renouvellerez souvent sur vos flèches d'entraînement pour garder leurs qualités de vol et ce sera tout. Pour décider du nombre de plumes ( trois, quatre) et de leur longueur, (10, 12, voire plus), choisissez la formule qui stabilisera le mieux vos flèches munies de leurs lames de chasse ( vous vous en seriez douté !) et utilisez là sur toutes vos autres flèches. En effet, l'empennage freine vos flèches, il est donc primordial qu'elles aient toutes la même perte de vitesse, donc la même parabole déterminant la hausse de votre tir, quelque soit le type de pointe dont elles sont munies.
La forme et le couleur ont peu d'importance. Vous choisirez en fonction de vos goûts, en sachant que vous pouvez même fabriquer vous-même vos plumes à l'aide d'un formeur adéquat.
Pour la couleur, deux écoles s'affrontent : les « toucamo » contre les « voyeurs ».
Les premiers disent qu'un carquois plein de flèches aux empennages rouges ou bleu vif (le bleu est une couleur qui ne se trouve pas dans la nature) détruit les efforts que l'on fait pour camoufler le reste.

Les voyeurs estiment qu'une flèche bien visible par exemple aux empennages rouges et peinte en rouge sur sa partie arrière, permet de suivre la trajectoire de sa flèche au moment du tir, et donc de s'assurer de son point d'impact sur l'animal. Il permet en tous cas de mieux retrouver le flèche après le tir, et ce quelque soit le résultat ( manqué ou tapé). Et comme les chaussettes de protection contre la pluie sont camouflées...et que j'ai un mauvaise vue, je fait mes flèches voyantes. Mais c'est un choix personnel.


La démarche est la même pour les vanes si vous pouvez choisir ce type de matériau. Là, pas besoin de chaussettes de protection ou de produits imperméabilisants qui puent. Ces appendices sont très robustes et durables, ils présentent donc une solution très intéressante.....mais ils pèsent plus lourds que les plumes.
Et alors, me direz vous, ne sommes nous pas censés choisir des flèches lourdes pour tout un tas de raisons développées plus loin ?
Dans ce cas précis, cela n'est pas si simple.
En effet si l'on veut obtenir un vol stable de nos flèches, il est très important que leur centre de gravité se situe au minimum 10% en avant ( FOC en anglais, forward of center) du milieu de la flèche.
Certains archers expérimentés préconisent 12, voire 15% de FOC, mais en fait il apparaît que cela n'a pas une grande incidence. Par contre, tout le monde est d'accord pour dire que un FOC inférieur à 10% entraîne un vol instable. Donc parmi les solutions pour faire avancer le FOC, vous pouvez soit monter des lames plus lourdes mais à ce moment on peut se trouver confronté à des problèmes de spine du tube.
Ou alors monter des plumes à la place des vanes, ce qui peut permettre de gagner les quelques fractions de grammes suffisantes pour replacer le FOC au bon endroit.


Cette notion de FOC est trés importante et vous devez vous assurer que vos flèches sont montées comme indiqué. En principe, avec des lames de 125 grains , cela ne pose pas de problème, mais ils peuvent apparaître avec des lames plus légères....qui ont de fortes chances d'être interdites en France (Voir législation)

L'empennage proprement dit des flèches se fera à l'aide d'une empenneuse de bonne qualité présentant le vrillage désiré. Il n'est pas nécessaire, pour obtenir une rotation correcte de nos flèches, que la vrille des empennages soit très prononcée.



Dans la pratique, un décalage de un degré d'angle est suffisant , mais la plupart des empenneuse que je connais sont très bien réalisées, vous pouvez faire confiance au fabricant.


Il est à noter que certains modèles comme les EZ Fletch permettent de monter les trois vanes en même temps sur un fût, ce qui fait gagner un temps considérable. Elles ne sont malheureusement pas utilisables avec des plumes nat car les passages sont trop étroits.


Avant le collage, le tube sera dégraissé à l'aide d'acétone ou de trichloéthylène. Il est important d'utiliser des colles de très bonne qualité, rappelez-vous que les conditions météo de chasse sont parfois très dures et qu'il est particulièrement stupide de perdre un animal parce qu'une des vanes s'est décrochée à la décoche, entraînant un vol chaotique de la flèche. Cela m'est arrivé en Afrique sur une antilope, après une longue approche en plein cagnard par quarante degrés à l'ombre, et je peux vous dire que c'est particulièrement vexant .
La plus courante des colles actuelles est la fletch-tite, que je trouve en général irréprochable quelque soient les conditions météo ou l'ancienneté du travail, mais il en existe probablement d'autres.
On peut utiliser avec bonheur des cyanoacrylates, mais alors attention à ne pas coller la plume sur le fût, le fût sur l'empenneuse, la pince sur la plume et sur l'empeneuse et le tout sur l'établi.
Quand en plus on n'y laisse pas un morceau de doigt. Les gels améliorent le pronostic de l'opération mais finalement tout cela coûte cher pour un résultat pas franchement meilleur qu'avec une colle traditionnelle. En cas d'urgence, par contre, ils présentent une alternative intéressante.
Vous devez contrôler chaque collage avec une loupe et beaucoup d'attention. Vérifiez en particulier qu'il n'y a pas d'espace résiduel (hiatus) entre la fût et la base de la vane/plume.
Je finis toujours mes collages par une goutte de cyanoacrylate sur l'avant et sur l'arrière de chaque élément de l'empennage.


Et lorsque je vais chasser dans des conditions particulièrement pénibles (Afrique) je sécurise en plus l'avant de mes empennages par quelques tours de soie dentaire (non cirée) noyée dans de la cyanoacrylate.
Efficacité garantie.

Un dernier truc enfin : lorsque vos plumes commencent à ne plus ressembler à rien, qu'elles sont froissées, pliées, écrasées, abimées, faites chauffer une cocotte minute d'eau pure. Fermez le couvercle mais sans ajuster la soupape de sécurité. Lorsque vous obtenez un beau jet de vapeur d'eau passez-y vos plume. Elles reprendront alors leur forme originale d'une manière quasi miraculeuse. Sauf évidemment si leur âge les fait ressembler à une denture de vieillard. Dans ce cas, grattez les plumes, poncez le fût jusqu'à faire disparaître toute trace de colle et refaite votre montage.
Il faut noter qu'il existe désormais dans le commerce des autocollants qui se fixent sur les fûts et qui augmentent le pouvoir de rétention des colles. Ou du moins qui sont sensés le faire. Au chapitre des gadgets récents, des scotchs double face sont proposés pour coller les vanes sur le fûts. A considérer avec circonspection en attendant que l'expérience ( des copains) confirme ou infirme la publicité du fabricant..

L'empennage FLU-FLU :

C'est un empennage particulier qui est destiné à freiner les flèches lorsqu'on a l'intention de les tirer en l'air. Pour ce faire, plusieurs solutions sont à notre disposition. Soit on enroule une longue plume autour de l'extrémité du fût, soit on colle plusieurs longues plumes en deux fois trois rayons, et on obtient un empennage à six appendices. Ce principe simple est très efficace et à l'entraînement on voit très bien la trajectoire des flèches se courber très vite et les projectiles atterrir à peu de distance. De ce fait, en vol horizontal, la trajectoire de ces flèches va être différente de celle des flèches traditionnelles, et leur vitesse, donc leur force de pénétration, moindre. On évitera donc absolument de tirer des flèches empennées de cette façon sur du gros gibier. Par contre, ces flèches sont extrêmement précises. Ce sont donc des flèche idéales pour le petit gibier, disons jusqu'au renard, si elles sont munies d'une lame de chasse, que l'on ne tirera jamais en l'air . Pour le tir en l'air, un blunt métal sera choisit.



7/ INSERTS/OUTSERTS ET SECTION DES FUTS:




Là , on ne peut dire que le choix soit très vaste :

Inserts pour les tubes alu
Outserts ou montage direct pour les fûts bois, outserts pour les fûts carbone.
On passe rapidement sur les fûts carbone et le système très bien organisé de montage des encoches et des outserts avant. Un choix peut se présenter pour le montage des fûts bois dans la mesure ou deux systèmes coexistent : les outserts qui permettent de tirer des lames de chasse vissables. Et le principe traditionnel de montage par collage direct des lames ou des pointes sur l'extrémité des fûts. Si la tradition a l'inconvénient de limiter le choix des lames, elle a l'avantage de ne pas rajouter de poids à l'extrémité des flèches. En effet, les outserts alu pèsent un certain poids, qui en se rajoutant au poids de la lame proprement dite peut changer les caractéristique de vol de vos flèches, ou nécessiter l'utilisation de fûts de spine différent. A essayer avant de se décider, et faites bien attention à monter toutes vos flèches de la même manière.

D'autre part, il existe des inserts « carbone » pour fûts alu, beaucoup plus légers que les inserts alu habituels. On gagne en poids, mais on allège en reculant le FOC. Là encore, attention à bien tester avant de choisir.

Avant de fixer votre insert, vous devez vous livrer à une opération particulière et très importante : la section de vos fûts à la longueur d'usage.
Cette longueur est fondamentale, extrêmement importante, et strictement individuelle. Elle est en rapport direct avec l'allonge de l'archer et devrait être connue de chacun de nous avec précision. Elle dépend naturellement de la morphologie de chacune, mais aussi de son style de tir, et du type d'arc utilisé.
Pour connaître cette longueur, plusieurs méthodes existent. Une bonne approximation est donnée en plaçant une extrémité du fût, encoche en place, sur son sternum, et en allongeant les deux bras vers l'avant, le long du fût. Votre allonge se trouve à l'extrémité du majeur. Cela ne veut pas dire que vous devez couper là, nous y reviendrons, en tous cas jamais plus court. Une deuxième consiste à armer son arc et faire marquer le tube au niveau de l'avant de la poignée par un tiers. Si vous êtes seul, fixez tout simplement une pince à linge sur le fût, et armez l'arc. Par approximations, vous finirez par trouver la bonne longueur ( la pince doit effleurer l'avant de la poignée à pleine allonge).
Une fois votre allonge déterminée, il vous reste à couper vos fûts. Pour cela, vous devez décider de la longueur de ceux-ci. En effet, on ne coupe jamais un tube destiné à recevoir une lame de chasse à ras de la poignée, comme on le fait pour le tir. Selon les goûts et les écoles, on rajoute environ un à deux centimètres en avant pour qu'en aucun cas la main d'arc ne puisse être blessée par la lame. Si vous tirez compound avec une poignée très échancrée permettant le passage de vos lames, vous pouvez couper un peu plus court, mais cela ne vous fera pas gagner grand-chose, ni en vitesse, ni en précision.
D'autre part, si vous aimez, comme beaucoup d'entre nous, tirer tantôt compound, tantôt recurve, rappelez vous que vous n'avez pas la même allonge sur l'un ou l'autre type d'arc. De part la position de tir, qui n'est pas du tout la même, mais aussi de part le fonctionnement de l'arc. Un recurve écrase plus le coffre qu'un compound, donc votre allonge sera moindre avec le premier qu'avec le second. Néanmoins, dans la plupart des cas, la variation étant faible, vous pourrez utiliser des flèches coupées à la même longueur sur tout vos arcs .
La longueur la plus importante bien sûr.

Les outils utilisés pour couper les fûts sont simples et doivent seulement pouvoir faire du travail propre. Pour le bois, n'importe quel lame tranchante fera l'affaire. Un petit tour à deux mm de profondeur autour du fût, on casse et c'est nickel.
Pour le carbone, une petite scie tranchante et précise conviendra. Entourez le fût de scotch auparavant pour éviter les éclats.


Pour l'aluminium, un coupe tube de plombier fonctionne parfaitement pour un coût faible. Attention cependant, comme il travaille en écrasant le tube, une fois la section achevée, il s'ensuit un rétreint du métal. Il est alors indispensable de rouvrir le diamètre l'aide d'une pointe carrée pour permettre une bonne mise en place des inserts.

Quelque soit le fût choisit, une fois la longueur déterminée sur une flèche, utilisez le même fût pour tracer tous les autres pour ne pas reporter d'erreur.
Dans tous les cas, l'outil idéal est celui utilisé par les clubs ou les vendeur de matériel Une cale coulissante pour déterminer la longueur, un moteur muni d'un disque et vous coupez une grosse de tubes très précisément à la bonne longueur en quelques instants.

Pour coller les inserts/outserts, nous avons le choix entre un grand nombre de colles. Pour ce qui est des fûts carbone, pas de problème, seule l'époxy fonctionne correctement. Pour les fûts bois, mieux vaut à mon avis faire là encore confiance à une bonne colle époxy pour assurer le maintient de nos lames sur les fûts, mais certains utilisent avec bonheur de la colle à chaud. Pour les tubes alu avec des inserts alu, par contre, on peut utiliser les deux solutions. La colle à chaud colle moins bien que l'époxy, quoique suffisamment, mais elle présente l'immense avantage de pouvoir être réchauffée pour orienter la lame différemment, ou pour démonter l'insert. Là encore ce sera une affaire de goût et de choix perso. Dans tous les cas, la colle doit être disposée sur l'insert, et jamais dans le tube car alors elle se trouve poussée vers le fond lors de l'insertion et le collage se fait avec trop peu de matière. Attention à bien choisir des inserts correspondant exactement à vos fûts, sous peine de passer de longues heures à la lime, pour un résultat aléatoire.
Enfin rappelez-vous que c'est à ce moment que vous allez déterminer l'orientation de vos lames par rapport à votre corde.



8/ FUTS LOURDS / FUTS LEGERS :


Ce débat est vieux comme l'archerie de chasse moderne.
En gros, on peut dire que pour tous ceux qui n'ont pas l'intention de tirer les animaux suivants : buffle africain, buffle d'eau asiatique, éland du cap, orignal, grizzli, banteng, gaur, et quelques autres de même poids et volume dans un avenir proche, ce choix sera plus une affaire de goût qu'un calcul de pénétration. En effet, examinons un peu quels sont les avantages et les inconvénients de chaque type de tube :



A/ Les fûts légers :

Dés que votre flèche quitte son repose flèche ou votre tapis d'arc, elle commence à chuter, entraînée vers le bas par l'attraction terrestre, que l'on appellera G. Nos flèches n'ayant aucune caractéristique aérodynamique leur permettant de planer à la manière des avions, l'air ne fait que ralentir leur chute en la freinant. La valeur de G étant constante et égale pour tous les types de fûts, leur vitesse de chute dans le vide est constante. Dans l'atmosphère, il faut tenir compte du freinage dû à l'air.
Ce freinage est plus important pour les fûts les moins denses, donc les fûts légers, qui mettent alors plus de temps à chuter.
D'autre part, l'inertie d'un projectile est directement en rapport avec sa masse, d'autant plus faible que la masse est faible.
Par conséquent, une flèche légère construite avec un fût léger, des plumes et une lames de poids minimum ( attention à la législation française en ce qui concerne les lames, avec les dimensions imposées leur poids ne peut pas descendre en dessous d'un certain seuil) sera propulsée avec une vitesse plus grande qu'une flèche plus lourde. Comme en plus elle va chuter plus lentement( cf. plus haut) sa trajectoire sera plus tendue.
Une autre solution, qui peut se combiner à la première, consiste à raccourcir les flèches pour les alléger encore. Evidemment, à pleine allonge, la pointe de la flèche se trouve derrière le poignet du tireur, ce qui oblige à la faire reposer sur un dispositif mécanique , un de plus, appelé overdraw, qui permet de reculer le repose-flèche. La trajectoire est encore plus tendue mais, Dieu merci, nous sortons vite du cadre légal imposé en France pour le poids des flèches. Inutile de préciser que le fait de tirer une lame de chasse positionnée derrière le poignet au moment de la décoche implique que vous ne trembliez jamais quelque soient les circonstances, que votre décoche soit toujours parfaite, etc... De nombreux accident très graves ayant eu lieu, de type poignet ou avant bras traversés, le délire auquel nous avons assisté pendant quelques années sur les overdraw semble se calmer.
Et alors, me direz-vous ça sert à quoi tout ça, des flèches légères, des trajectoires tendues?
He bien l'intérêt d'une trajectoire très tendue est que les corrections de distance sont minimisées.
Imaginons par exemple que vous tiriez un compound mega supra monobité de 95 cm de longueur ( Législation !!) réglé à 80 livres avec des flèches de 30 Grammes (législation, poids minimum en France), avec un viseur. Les deux épingles de visées pour la plus grande et la plus petite distance de tir vont être très proches, sans toutefois que ne se réalise jamais le fantasme de l'épingle qui sert de zéro à trente mètres sans correction. Sur un parcours 3D, ce phénomène est intéressant car même avec une mauvaise estimation de la distance, on peut marquer des points.

Et en chasse ? En chasse, c'est une autre histoire.

En effet, tirer un animal en cadrant ses parties vitales entre deux épingles de visée en se disant « ça va bien faire quelque chose » et en rajoutant in petto, tel le blaireau moyen « de toute façon, il risque plus que moi », est criminel et totalement contraire à l'éthique que l'on veut imposer pour notre mode de chasse. En chasse, vous devez savoir ou placer votre flèche et connaître exactement la distance à laquelle se trouve cet animal.
La connaître ou la sentir pour les tireurs instinctifs, en tous cas exclure le hasard de votre démarche. Les parties à viser sont identifiées et la zone d'impact occupe un espace énorme dans votre esprit au moment de la décoche ; A ce moment là, la trajectoire de votre flèche est intégrée dans votre sub, et ce, qu'elle soit tendue ou pas.

Voyons quels sont les inconvénients des flèches légères :

Etant beaucoup plus rapides que les autres, elles pardonnent moins les erreurs de décoche, les mains d'arc trop serrées, les tremblement de bras d'arc. C'est pour cette raison qu'elles sont souvent associées à des décocheurs. Décocheurs qui justement sont interdits à la chasse en France.

Premier problème

Un fût léger absorbe moins d'énergie au départ, rendant l'arc bruyant et donc augmentant les probabilités que le gibier saute la corde, ou pire, bouge au dernier moment avec les conséquences que l'on imagine (blessure).

Deuxième problème

Une flèche légère est plus sensible au vent latéral, obligeant à des corrections très importantes.....voire hasardeuses. Une flèche légère sera plus facilement déviée par des herbes, branchettes.

Troisième problème

Une flèche légère va perdre plus rapidement sa vitesse initiale, finissant sa course comme légère et lente, avec les effets que l'on sait sur la pénétration.

Quatrième problème

Enfin, une flèche légère pénètrera moins bien dans la masse d'un gros gibier, non pas tant parce qu'elle aura une énergie cinétique inférieure, au contraire, l'énergie cinétique étant proportionnelle au carré de la vitesse ( ½ mv2) , mais elle va disperser plus vite cette énergie qu'une flèche lourde .


B/ Les fûts lourds

Pas de problème, vous l'aurez compris à la lecture du sous chapitre précédent, c'est eux qu'il faut tirer sur du gros gibier, disons à partir du sanglier. En effet :

Une flèche lourde sera moins déviée par les aléas du vol
Une flèche lourde accumule plus d'énergie selon son « moment d'énergie », qui, lui, est égal à MV, pour la restituer lors de l'impact et tout au long de la pénétration. Elle pénètre donc mieux et plus loin, cassant les os avec plus de facilité.
Une flèche lourde rend un arc plus silencieux et augmente sa durabilité en réduisant les contraintes dues au blocage des branches par la corde en fin d'extension.

Alors la trajectoire d'une flèche lourde est plus parabolique ? Certes, cela est vrai, mais si vous pratiquez avec assiduité les trois principe de bases du chasseur à l'arc, cela ne sera jamais un problème en situation de chasse ou, je vous le rappelle, le gibier est plus souvent trop prés que trop loin.

Pour mémoire, je vous rappelle les trois principes de base de la chasse à l'arc :
1/ Entraînez vous souvent et dans toutes les situations et positions
2/ Entraînez vous souvent et dans toutes les situations et positions
3/ Entraînez vous souvent et dans toutes les situations et positions

Pour tirer des flèches lourdes, on choisira des fûts de diamètre et d'épaisseur importants, les populaires 2219, 2117, 2316 étant de bons exemples. Avec une pointe de 125, voire 145 ou même160 grains ( Toujours le FOC, mais attention à ne pas dépasser le spine de vos fûts), un insert alu, de bonnes vieilles plumes de 5' en trois ou quatre appendices vous êtes prêts pour tirer tous les gibiers couramment rencontrés en Europe, en Amérique du Nord, ou en Afrique. Les fûts bois et carbone sont plus légers, mais une fois lestés des embouts idoine, la différence de poids est suffisamment faible pour que les flèches entrent dans la catégorie lourde. Attention toutefois à peser vos flèches carbone pour être sûrs de leur légalité en France ( Rappel : 30 gr mini ).

Et pour le très gros gibier ? Ah, le vieux fantasme du buffle africain....

Eh bien pour le très gros gibier, c'est à dire celui cité en début de ce chapitre, les rares chasseurs expérimentés ont tous le même avis : plus c'est lourd et plus c'est propulsé par un arc puissant, mieux cela marche. En ce qui concerne les fûts bois, on choisira les essences les plus lourdes du marché, à la condition que leur fabrication soit suffisamment soignée et constante. Pour les fûts alus, la bonne vieille solution qui consiste à introduire un tube de 1916 dans un tube de 2219 fonctionne remarquablement bien. Elle a fait ses preuves depuis longtemps et s'avère redoutable en combinaison avec une lame simple et lourde à faible angle de coupe type Howard Hill, Ribtek 190, ou autres du même gabarit.

Oui, bon d'accord, tes vieilles combines c'est bien gentil, mais le progrès mon gars, le progrès, qu'est ce c'est t'y qu't'en fait mon gars ?

Bon oui, d'accord, c'est vrai que désormais, pour ce type de chasse, il est dommage de se priver du fantastique pouvoir de pénétration des fûts carbone. La solution pour alourdir des tubes qui sont conçus pour être légers, c'est d'abord de prendre les tubes les plus lourds disponibles chez le fabricant. Ensuite, vous vous rendez avec un de ces tubes chez un magasin d'aquariophilie et vous recherchez le tube silicone le plus épais possible dont le diamètre extérieur correspond au diamètre interne de vos flèches. Cette solution est d'autant plus intéressante que le tube silicone se tasse à l'impact, dirigeant un maximum d'énergie dans le sens de la pénétration .
C'est peut-être la méthode idéale pour les flèches de chasse au très très gros gibier, mais seule la pratique nous le dira. Et comme les archers chasseurs de buffle sont beaucoup plus nombreux à avoir couru derrière leur gibier, voire devant dans certains cas, qu'à avoir posé sur la bête morte ( et tuée uniquement à l'arc), nous ne sommes pas prêts d'avoir des statistiques fiables sur ces nouveaux matériaux.
Ah oui, un dernier détail : des flèches ultra lourdes volent d'une manière totalement différente des flèches habituelles, ce qui implique qu'à partir du moment ou vous aurez décidé de tirer ce type de missile, il ne faudra plus utiliser qu'elles jusqu'au départ pour le pays de destination, et à la conclusion de la chasse. Et donc tirer les antilopes, les phacos, et tout le petit gibier avec.



9/ LES LAMES DE CHASSE






l'acier utilisé pour fabriquer nos lames de chasse est un matériau très courant, alliage de fer et de carbone contenant au maximum 1.8 % de ce dernier.
C'est un matériau ductile : on le met en forme par compression à froid. Certaines lames populaires (Ribtek) utilisent cette caractéristique pour augmenter la résistance de leur lame sous la forme de nervures. C'est aussi ce que l'on peut constater lorsque sa flèche a exceptionnellement manqué son but et heurté un roc : sa pointe nous regarde désormais avec un profond air de reproche « pourquoi m'as tu fais ça ? ».

D'autres constituants sont alliés au fer pour donner a l'acier des propriétés spéciales. Du silicium, du manganèse ( dureté et capacité de soudage) Du soufre, du phosphore, de l'oxygène, qui sont des impuretés néfastes. Dans de nombreux aciers spéciaux on rencontre aussi du nickel, du molybdène, et du vanadium.

Les propriétés physiques des différents aciers dépendent avant tout de leur teneur en carbone et de la manière dont il est réparti dans le fer. Avant traitement thermique, la plupart des aciers sont un mélange de ferrite ( ductile) et de cementite ( très cassante et très dure). La trempe, ou traitement thermique, va permettre (entre autres), de contrôler la quantité, la taille, la forme et la répartition des particules de cémentite dans la ferrite. Généralement, elle s'effectue en chauffant l'acier à 800 ° , puis en le refroidissant brusquement dans de l'eau ou de l'huile. Tous ces paramètres et ces techniques sont parfaitement contrôlés par les métallurgistes actuels et nous ne devons pas intervenir sur ceux-ci en particulier en détrempant la lame par chauffage excessif lors de l'affûtage.
Les aciers utilisé pour fabriquer les lames les plus courantes sont oxydables, car il est très difficile d'obtenir des aciers inoxydables et d'une résistance mécanique suffisante pour les contraintes que nous leur demandons. Seuls les aciers dits « chirurgicaux » concilient ces propriétés. Ils sont merveilleux mais chers, aussi ne les trouve t'on que sur certaines lames.


A/ Choix des lames et justification du choix des lames simples (Cf rapport Ashby).

En gros, il existe deux sortes de lames de chasse, les lames simples, monobloc ou soudées, dont les représentantes les plus connues sont les Zwickey, Bear Razorhead, Ribtek (excellente lame australienne monobloc) et un kyrielle de nouvelles apparues récemment sur le marché à la faveur de la vogue de l'archerie traditionnelle. Et les lames multiples dont les parties tranchantes sont en général démontables et remplaçables. Réalisées en acier chirurgical de très bonne qualité, leur tranchant présente un pouvoir de coupe inégalable, en plus d'être inoxydable.
Les premières doivent en plus s'affûter avant usage alors qu'il faut juste veiller à ce que les secondes ne se matent pas. De plus elles volent bien et tuent proprement.
Pourquoi dés lors s'acharner à utiliser des représentante d'une époque révolue ?

La réponse tient en trois mots : coût, pénétration, solidité.

Voyons le coût tout d'abord.
Il est incontestable que les chasseurs en général, et les archers en particuliers, sont des passionnés prêts à investir des sommes importantes pour pratiquer. Partant de ce constat, le réflexe normal d'un service commercial travaillant pour nous ( ou contre nous ??) est de se demander comment il va faire pour nous soutirer le maximum d'argent.
Un de ces moyens est de proposer des solutions de plus en plus sophistiquées. D'ou la débauche de cames, poignées en mescouillefull avarié, viseurs radaro glomiphugés et pointes à lames multiples réalisées dans des aciers spéciaux (voir plus haut). A efficacité moindre (nous y reviendrons) ces lames coûtent jusqu'à dix fois le prix des lames simples.
Pour ce qui est de l'efficacité, directement liée à la pénétration, et de la solidité. une étude à été faite dans les années quatre vingt dans la province du Natal en Afrique du Sud. Les autorités de cette province voulaient connaître l'efficacité des flèches de chasse avant d'en autoriser l'usage chez eux. Ils ont donc demandé à un dénommé Ed Ashby de faire une série de tests. Et pas sur des cartons empilé ou des cannettes vides (vidées au préalable par le tireur !!) ; Non, directement sur des animaux, en situation de chasse.
Le bon Dr Ashby s'attela donc au travail ( !!!) et abattit, avec son longbow de 94 livres plusieurs centaines d'animaux, avec différentes lames de chasse, poids de flèches, pour nous livrer des conclusions sans appel :

- Avec des lames simples, 80 % des impacts sont mortels dans un délai permettant de considérer la mort comme « humaine ». Les autres sont des blessures superficielles qui guérissent sans conséquences pour les animaux.
-
Ce pourcentage tombe à 45 % avec des pointes à lames multiples, et de nombreuses blessures cicatrisent mal, voire pas du tout entraînant pour l'animal des souffrances inutiles et inacceptables.

Les causes de ce désastre sont multiples et leur analyse détaillée fera l'objet d'un autre article, mais en gros : Les pointes à lames multiples sont trop fragiles dans la plupart des cas. Elles cassent à l'impact, les lames se désolidarisent du corps, elles ne passent pas les gros os et traversent de part en part deux fois moins souvent que les monolames.

Cinq des vingt et unes conclusions du Dr Ashby sont particulièrement intéressantes :

1/ Le facteur le plus important pour obtenir une bonne pénétration est une bonne monolame bien construite.

2/ Le second facteur le plus important est un poids de flèche suffisant : 650 grains ( 40 grammes) pour la plupart des animaux, 900 ( 60 grammes ) pour les très gros.

3/ Le troisième facteur est le diamètre du tube : pas plus large que la férule, voire plutôt moins ;

4/ Enfin ,conclusion suprême pour tous les accros de la vitesse de flèche, les animaux de grande chasse ont des réflexes dans tous les cas plus rapides que les plus rapides des flèches. Dans le même ordre d'idée, un récent article de Chuck Adams, paru dans Bowhunter de septembre 2001, affirmait après analyse de vidéos de chasse, que pour qu'une flèche soit plus rapide que les réflexes d'un cerf à queue blanche, elle devrait voler à....600 pieds/secondes ( environ 600 Km/h). A comparer avec les 220 pieds/secondes des arcs les plus rapides avec des flèches aux normes françaises.
Cela signifie qu'aucun archer ne peut garantir où sa flèche va taper l'animal.

CQFD : prévoyez que votre flèche puisse être soit mortelle, soit bénigne.

5/ Les plus mauvaises pénétrations ont été obtenues avec des lames triples, genre Snuffer, pourtant populaire car indestructible et facile à affûter.

Bien sûr, ce rapport ( paru en épisodes dans les numéros de septembre 99 à mars 2000 de Traditionnal Bowhunter, mais disponible depuis des années) appelle deux sortes de réflexions :

Il concerne des animaux africains, particulièrement résistants.
A cela, je réponds : et alors, qui peut le plus peut le moins.
Il fait abstraction du principal reproche que l'on fait aux lames simples : leur tendance à planer, et donc à fausser le vol de la flèche. Tendance minorée par l'utilisation de lame multiples, plus aérodynamiques.
Et là, je réponds : revenez à vos bases. Relisez les premiers paragraphes de cet article. Montez des empennages hélicoïdaux. Choisissez correctement le diamètre de vos tubes en fonction de la puissance de votre arc. Entraînez vous avec des lames. Et surtout, surtout, apprenez à décocher correctement. Alors vos lames voleront aussi bien que vos pointes de tir et grouperont ( à distance de tir chasse, 25 à trente mètres !) de la même manière. J'ai eu personnellement la chance d'habiter longtemps dans une région sableuse où je m'entraînais avec des lames, je peux vous certifier ce que je dis .


B/ Les spécificités de nos lames. Les formes. Pourquoi choisir des lames droites plutôt que courbées


Maintenant que vous avez jeté vos têtes chercheuses ultra sophistiquées, voyons comment sont élaborées les lames simples, et comment nous devons les finir et les entretenir..
Comme nous l'avons vu plus haut, les caractéristiques mécaniques de l'acier sont fixées une fois pour toutes lors du traitement thermique de celui-ci. Dés lors, le seul moyen de ne pas interférer avec lors de la découpe de la forme est l'emboutissage à froid. Il permet en outre de donner une forme plus résistante à épaisseur égale en créant des nervures à la surface de la lame (Ribtek) .

La matrice peut prendre n'importe quelle forme, voici un petit guide pour faire votre choix :
- Les lames aux bords rectilignes s'affûtent plus facilement que les lames aux bords arrondis.
- La forme de la partie arrière de la lame ne doit en aucun cas empêcher le retrait de la lame du corps de l'animal (pas de forme harpon) . Plus l'angle sera doux et moins vous vous accrocherez dans des branches.
- La largeur minimum de la lame doit être de 25 mm, la longueur des parties tranchantes de 40 mm (Législation française !)
- Le poids des lames doit être le même que celui de vos pointes d'entraînement, en général 125 grains.
- Assurer vous de la qualité des monolames en inox montées sur férules acier ou alu. Elles sont en général moins résistantes, et de loin, que les lames en acier classique monoblocs.



C/ Le montage des lames de chasse :


Chapitre indispensable s'il en est, ayant déjà fait couler beaucoup d'encre, et chauffé beaucoup de neurones.
Lorsque l'on parcourt la littérature technique spécialisée, on s'aperçoit que plusieurs consensus se dégagent :

A/ Les lames simples doivent être montées parallèlement à la plume de coq. C'est à dire que lorsque vous armez votre arc, la lame se trouve horizontale. Ceci pour atténuer les effets du vent latéral sur la trajectoire de la flèche à la décoche.

B/ Les lames triples doivent être dans l'axe des empennages

C/ Les lames quadruples doivent être montées de manière à dessiner une croix de Saint André, toujours pour réduire les effets du vent latéral.

D/ les lames multiples, si vous voulez vraiment vous obstiner à tirer ces saloperies à férules plastique, peuvent être montées n'importe comment.

Dans tous les cas et quelque soit le type de lame que vous tirez, la seule vraie contrainte incontournable est de monter la lame dans l'axe absolu de votre fût.
Pour cela, il vous faut un banc de contrôle du type photographié, déjà utilisé pour monter les encoches. Une fois la lame montée, vous ne devez pas constater le moindre écart entre l'axe de la lame et l'axe du fût.

Le meilleur instrument de contrôle reste le bloc de paraffine, dans lequel le trou foré par la lame doit être parfaitement ponctuel. Eliminez impitoyablement tout montage douteux. En général, il n'y a aucun problème avec les lames multiples dont l'usinage est en principe irréprochable ( Heureusement, à ce prix là !), mais c'est plus difficile à obtenir avec des lames simples. C'est probablement d'ailleurs l'origine de la mauvaise réputation de ces lames simples concernant leurs qualités de vol. En réalité, ajourée ou pas, si une lame simple est correctement montée sur un fût parfaitement droit, au spine correct, pourvu d'un empennage hélicoïdal de la bonne taille et que votre décoche est bonne, ces lames volent aussi bien que les autres. Dans le cas ou vous montez vos lames sur des cônes en alu pour pouvoir les visser, pensez que ce type de montage doit lui aussi être irréprochable pour assurer un bon vol de vos flèches


D/ Les essais en vol


Que l'on s'entende bien. A ce stade là, vous savez déjà quelle combinaison arc/fût/lame fonctionne bien, pour l'avoir testé comme indiqué aux précédents chapitres.
Simplement, vous allez essayer une à une chaque flèche que vous venez de monter pour être sûr à 100% qu'il ne s'est glissé aucun bug dans votre production.
En effet, aussi bien assemblée soit-elle, une flèche de chasse peut être rendue inutilisable par une erreur imputable au fabricant du fût. Par exemple, un fût alu peut-être mal étiqueté ou présenter un défaut de fabrication, un fût carbone être en dehors des tolérances industrielles, quant aux fûts bois, leurs variations sont évidentes.
Pour être rigoureuse, la méthode est simple : prenez les flèches d'entraînement déjà montées, munies naturellement d'une lame de chasse matée, et groupez-les dans un tube plastique. Prenez vos flèches de chasse neuves et posez les dans un autre tube. Installez vous à une vingtaine de mètres de votre cible ( attention à la sécurité), chauffez vous avec vos flèches d'entraînement. Vous utilisez bien sûr votre arc de chasse habituel, réglé à sa puissance de chasse, avec ses accessoires montés, en particulier le carquois, mais aussi les silencieux, le stabilisateur si vous chassez avec, etc...
Vérifiez vos groupements avec les flèches d'entraînement, puis commencez à tirer avec vos flèches destinées à la chasse, trois par trois maximum pour éviter de les détruire en cas de groupement compact. Si tout va bien, elles doivent avoir le même groupement que les flèches d'entraînement. Pour que ces essais soient statistiquement valables, il faut les tirer au moins cinq fois chacune. Si vous avez un doute sur l'une d'elle, marquez là et vérifiez que sa trajectoire est aléatoire.
Si c'est vraiment le cas, déclassez là
Voilà, vos flèches de chasse ont obtenu leur certificat de bon vol, il vous reste une dernière opération avant de les emmener au bois : l'affûtage.
Pour faire des essais avec une lame démontable, comme la très répandue et excellente ( sur du gibier de taille inférieure au sanglier) Thunderhead , le mieux est d 'acheter un jeu de lames de rechange pour, par exemple, trois lames, et des les utiliser pour tirer toutes les lames. De cette manière, les férules restent en place, seules sont changées les lames et votre flèche est prête à chasser, après avoir été essayée.



E/ L'affûtage


Une fois la forme de la lame déterminée, le fabriquant se contente le plus souvent de passer un coup de meule grossier pour donner une vague forme de tranchant aux bords. Ces lames sont donc inutilisables à la chasse dans l'état . Elles sont par contre tout à fait correctes pour les essais en vol.
Vous devez donc :

1/ Les affûter
2/ Les maintenir en l'état jusqu'au moment du tir.



1/ Pour cela deux étapes vont se succéder. D'abord la mise en forme du tranchant, enfin le polissage final.

A/ la mise en forme du tranchant

Pour ce faire, nous disposons d'une kyrielle d'outils plus ou moins efficaces et faciles à utiliser.
- Le kit............. Qui se compose d'un étau-guide qui tient la lame et d'une série( trois ou cinq) de pierres à affûter montées sur un support pourvu d'une tige-guide. La tige s'engage dans les perforations de l'étau, ce qui permet de maintenir constant l'angle d'attaque. Le grain des pierres décroît, la plus fine poli. Le résultat est fantastique mais très long à obtenir. Ce système est plus adapté aux couteaux qu'aux lames de chasse.

- L'affûte-couteaux électrique. Le résultat est à la hauteur de la qualité de fabrication de ces gadgets : merdique. Le polissage final est infiniment long. A éviter.

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- La lime d 'affûtage simple, tenue à la main. On obtient de très bons résultats avec un outil au coût modique, mais qui demande une grande habitude pour donner le bon angle de forme. Pour ceux qui le sentent bien. A ce propos, le bon angle, toujours difficile à trouver, peut s'approcher de la manière suivante ; Posez votre lime à 90°, divisez par deux cet angle ( 45°), puis encore par deux et encore par deux. Au final vous avez un angle d'affûtage de 11°5, soit un angle de tranchant de 23°, tout a fait efficace








- Le support en bois sur lequel sont fixées deux limes à affûter selon un angle idéal. En trois-quatre passages bien appuyés le tranchant a la forme voulue. Pour plus d'efficacité, la lame sera orientée dans le plan horizontal tantôt selon un tranchant, tantôt selon l'autre. Pour éviter de « bourrer » les stries des limes, on n'oubliera pas de bien huiler celles ci et de les nettoyer régulièrement . Mon outil préféré.
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- Enfin une découverte de dernière minute : la ponceuse à bande fixée sur un étau. Bande de papier grain 120. Redoutablement efficace, rapide, et précis.

- Dans tous les cas et quel que soit l'outil choisit, une seule obsession : NE JAMAIS CHAUFFER LE TRANCHANT .

B/ Vos lames sont désormais pourvues d'un tranchant dont le profil est correct. Pour qu'il coupe vraiment, il faut le polir et l'ébarber. Là encore, plusieurs outils sont à votre disposition :

- Les pierres à huile fixées sur un support en bois selon le bon angle. C'est un très bon complément à l'outil précédent. J'ai personnellement solidarisé les deux outils sur une platine en bois qui se bloque dans un étau. Quatre passages sur les limes, une vingtaine sur les pierres et le tranchant est impeccable. N'oubliez pas de huiler abondamment les pierres pour leur conserver leur efficacité. L'huile sert à maintenir propre les grains de la pierre, qui conservent alors tout leur mordant. Dans le cas contraire, la pierre s'encrasse , noircit et devient aussi efficace qu'une motte de beurre.

- Les outils à main dont la partie active est constituée de deux pièces de carbure de tungstène qui se croisent selon un angle précis. Notre fédération en propose un, l' « Accu-Sharp » fantastique. Il peuvent être utilisés après les pierres à huile ou directement en suivant les limes, chacun fera selon son choix. Ils sont en outre très facile à emporter avec soi lors d'une sortie pour redonner sa jeunesse à une lame malmenée.


- Tout ce qui peut servir à polir le métal : céramiques , pièces de carbure de tungstène, pierres à main, etc

Dans tous les cas, vous devrez tester vos lames pour vous assurer du résultat. Le test du rasage des poils est médiocre, sont résultat dépend surtout de la rigidité de vos poils. Deux bons tests sont fiables : la peau de tomate et l'élastique pas trop tendu. Le piège qu'il vous faudra éviter absolument est celui des bavures de métal qui apparaissent en bout de biseau et qui peuvent donner l'illusion d'un tranchant à tout couper alors que la finition est simplement insuffisante. Examinez soigneusement les tranchants pour détecter les bavures, au besoin aidez-vous d'une loupe. Pour les éliminer retournez sur les pierres à huile.

2/ Comment maintenir le résultat acquis


Bien, vos lames coupent merveilleusement, elles volent comme vos pointes de tir (testez chaque ensemble lame-flèche dans sa configuration définitive avant l'affûtage et ne changez plus rien, mais peut-être que je vous l'ai déjà dit.....) Ne reste donc plus qu'à faire en sorte que le résultat se maintienne jusqu'au moment du tir. Pour cela, il faut contrer les deux ennemis du tranchant. :

La corrosion et les chocs.

Inutile en effet d'avoir un tranchant parfait en début de saison pour tirer finalement un machin infâme , rouillé et maté.

Pour la rouille, passez régulièrement vos tranchant à la paraffine. Voire à la cire de bougie. Le résultat est garanti ; vos lames seront aussi brillantes en mars qu'en septembre. Pour les chocs, c'est simple : évitez les. Cela veut dire qu'il faut rejeter les carquois dorsaux dans lesquels les flèches se cognent et s'entrechoquent à qui mieux-mieux. Choisissez des modèles pourvus d'un fond en mousse qui maintiendra les lames séparées : carquois d'arc, de hanche, de dos, chacun selon ses goûts, mais une seule obligation : pas de chocs entre les lames . Pour ce qui est du stockage à la maison, enduisez généreusement de graisse chaque lame et entourez la de papier adhésif de carrossier, facile à enlever ; protégées de cette manière, même plusieurs années après elles seront toujours comme neuves.


3/ Réaffûter une lame dans les bois. Le matériel minimum à avoir sur soi en permanence.

Dans les bois, il arrive, parfois, que nous rations le gibier que l'on vient de tirer. Dans ce cas, trois solutions se présentent :

1/ la flèche est perdue. C'est le cas le plus fréquent avec :
2/ La flèche est détruite. Par un choc contre un rocher, un arbre en travers. Dans ce cas on ne cherchera qu'à récupérer les morceaux réutilisables, s'il y en a, généralement la lame si ce n'est pas elle qui a porté. Le reste sera ramené à la maison pour ne pas laisser de traces de notre passage.

3/ La flèche est intacte. Diane /Artémis vous a à la bonne et votre flèche s'est plantée dans un bouleau, un pin, un arbre pourri, une fourmilière, un talus exempt de caillou, bref tous substrats capables de freiner un projectile sans l'endommager. Dans ce cas il vous faudra :
A/ une poignée d'extraction, petit manche en forme de T pourvu d'un pas de vis qui va servir à extraire la lame d'un arbre après en avoir dévissé le reste de la flèche.
B/ Une pince pliante genre Leatherman, pour dévisser le tube.....et pour pas mal d'autre usages. A noter que les Américains ont enfin sorti une version civilisée de leur gadget, pourvue d'un tire-bouchons. Comme quoi il ne faut jamais désespérer, même de buveurs de Caca-cola.

C/ Un petit nécessaire pour réaffûter vos lames dans l'urgence, soit une lime plate et une pièce de céramique, ou un affûteur de la fédé, ou une petite lime à affûter les chaînes de tronçonneuses, bref, de quoi rendre vie à vos lames.

Dans tous les cas, vous ne devez pas tirer de nouveau une flèche qui présente le moindre défaut après un choc de cette violence, en particulier les fûts bois, qui peuvent être fendus sans que cela paraisse, et casser à la décoche suivante avec les conséquences que l'on imagine si la fracture est en arrière du poignet du tireur. Attention également aux fûts carbone qui ont subi un choc latéral et qui semblent intacts. Ils peuvent se transformer en plat de spaghettis lors d'un prochain tir. Les fûts alus, eux, même si ils se redressent bien, sont susceptibles de ne plus voler correctement par changement léger de leur spine. Dans tous les cas, l'attitude que je préconise pour des flèches ayant subit un choc et pouvant être réutilisées est de les faire passer à la petite chasse, c'est à dire de les monter avec un blunt acier ou caoutchouc et de ne plus les pourvoir d'une lame de chasse. N'oubliez pas de faire une marque sur ces flèches pour les reconnaître.

10/ la réparation des flèches cassées

Comme j'ai eu l'occasion de l'écrire précédemment, il arrive parfois que nous manquions notre cible et que notre flèche se brise sur un obstacle. Dans certains cas, il est possible de réparer les flèches cassées pour les réutiliser. Cet acte implique le respect de quelques principes de base :

A/ Pensez d'abord et avant tout à votre sécurité :

- Pour des raisons évidentes, ne réparez jamais un fût bois dont la fracture se situe derrière votre poignet à pleine allonge.

- Ne tentez jamais de réparer un fût carbone. Leurs fractures étant en général longitudinales, il n'y a aucun moyen de rétablir la cohésion des fibres. D'autre part, une petite fracture de quelques millimètres de l'extrémité avant du fût peut dissimuler une fêlure sur toute la longueur de la hampe, qui se révèlera lors de la prochaine décoche. Les conséquences en seront au mieux un vol erratique, au pire ( je l'ai vu !) une décoche à vide avec rupture de la corde et entaille profonde du poignet. Dans l'état actuel des choses et à ma connaissance, tout tube carbone douteux doit impérativement être jeté ou réservé à un autre usage. N'essayez surtout pas de les couper pour faire des flèches pour vos gosses.

- Les fûts alu se réparent facilement et les résultats sont parfois surprenant d'efficacité, mais là encore, attention aux fractures situées derrière le poignet à pleine allonge.


B/ Gardez à l'esprit l'éthique de notre mode chasse :

Une flèche réparée ne sera jamais munie d'une lame de chasse et utilisée pour le gros gibier. Tout au plus peut-on en faire des blunt pour petit gibier.

C/ Les techniques :

- Commençons par le plus simple, les fûts carbone : votre flèche à subi un choc latéral important, une fêlure apparaît le long du fût, ou simplement en la testant avec vos mains il vous semble que sa rigidité est différente. Le principe de réparation est simple et instantané : poubelle direct.


- Les fûts bois se réparent facilement si vous êtes bon ébéniste. Il s'agit tout simplement de tailler un double biseau en sifflet mâle dans le fût cassé, et son inverse dans un fût neuf. Collez à l'araldite, ligaturez serré, poncez soigneusement une fois durcit, vérifiez que cela vole correctement. Il est à noter que vous pouvez utiliser un bois différent, par exemple plus dur, pour refaire la partie avant de la flèche. Bonne technique, mais dévoreuse de temps . Vous pouvez aussi manchonner avec un morceau de tube alu, mais cela ne ressemble plus à rien !


- Les tubes alu, eux, se réparent très simplement en manchonnant. Il suffit de trouver le tube de diamètre extérieur correspondant au diamètre intérieur de vos tubes et le tour est joué. Par exemple, le 1916 convient très bien pour réparer du 2219. Coupez proprement, manchonnez sur cinq centimètres environ, collez à l'époxy, laissez durcir dans une position bien droite, poncez les excès de colle. Pour ce faire, je garde toujours mes morceaux de tubes issus de la mise à longueur de mes tubes. Essayez en vol et si cela vous convient, réservez les au petit gibier.




Dernier point, n'oubliez pas de noter votre numéro de permis de chasser sur vos fûts à l'aide d'un marqueur indélébile (Pas le numéro de notre fédé, non, celui de votre permis de chasser général)
Voilà, vous en savez désormais autant que moi sur le problème des flèches de chasse, alors bonne chasse à tous






Références bibliographiques :

« Arrow penetration » Dr Mark Timney, bowsite.com Avril 2001
“ Arrow spine” Al Herrin, Traditionnal Bowhunter, April/may 2001
“ The perfect arrow” Dave Holt Bowhunter, April/May 2001
“Broadhead performance” Dr Ed Ashby, 1992




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#Posté le samedi 14 juillet 2007 11:29

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